Le Beaujolais Nouveau avant tout le monde!

Je dois déclarer ici un avantage en nature, un passe-droit qui me vaudra sans doute l’envie de la France entière: cette année encore, j’ai pu déguster le Beaujolais Nouveau avec une semaine d’avance. C’est ma semaine des primeurs à moi, avec la différence que les vins sont bien ceux qui seront vendus. Pas des échantillons «pour voir», comme aux Primeurs de Bordeaux. 

Et alors, ce 2020? «J’y trouve un ptit goût d’prune», comme auraient dit les Tontons Flingueurs. Et d’épices. 

Mais il y a deux types, en fait, qu’il s’agisse de BN simple ou de Villages. Un type guilleret, sur le fruit et la vivacité, assez fluide, très primeur; et un type plus vineux, qu’on pourra certainement boire plus tard.

Drôle de millésime, tout de même. Pas pour ce qu’il y a dans le verre, mais pour le contexte. Pas question de se retrouver au café ou au restau pour en discuter avec les copains. Ça gâche un peu le plaisir. 

Mais raison de plus pour sacrifier à cette fête païenne, non? Même chez soi, en tout petit comité. Pour entretenir la flamme. En pensant à des jours meilleurs. C’est jeudi prochain, n’oubliez pas!

Hervé Lalau

Un trophée pour le Beaujolais Nouveau

Créé en 2001, le Trophée Lyon Beaujolais Nouveau est le seul concours officiel des vins nouveaux.

BN

Organisé par l’Union des oenologues de France, région Bourgogne Centre-Est, il récompense chaque année les meilleurs Beaujolais et Beaujolais Villages Nouveaux et participe à la promotion des vins du Beaujolais. Plus de 400 échantillons sont dégustés par une centaine de dégustateurs professionnels français et étrangers.

Cette année, il a lieu à Décines-Charpieu, dans la banlieue lyonnaise, le 11 novembre.

Une date symbolique, qui 100 ans après une victoire chèrement payée, devrait voir le triomphe très pacifique de vins gourmands et guillerets avec lesquels démarre l’année du vin.

11 11 1918

Ceux qui me lisent savent la grande amour que j’ai pour l’événement du 3ème jeudi de novembre – un événement pour lequel il n’est pas besoin de patronage de l’Unesco ou d’institutions ronflantes, juste de convivialité.

Cette convivialité me semble un élément essentiel de la gastronomie française, bien plus que l’égo de vignerons, de chefs ou de sommeliers sur-médiatisés, sans parler des pitoyables émissions de bashing d’apprentis cuisiniers.

Voila pourquoi je me réjouis déjà de faire partie des jurés de ce trophée des Beaujolais Nouveaux, de déguster ces jolis vins avant tout le monde, en compagnie d’oenologues dont le regard sur le vin est forcément plus technique que le mien, mais certainement pas moins intéressant. C’est en les confrontant qu’on apprend.

Et bien entendu, vous en aurez… la primeur.

Hervé Lalau