Répartitions des principaux cépages dans le monde

L’hebdomadaire espagnol La Semana Vitivinicola a publié récemment un tableau des principaux cépages dans le monde, avec pour chacun, les principaux pays où ils sont plantés, sur base des chiffres de l’OIV et de l’Inventario Viticola.

Deux surprises, pour moi.

Primo, la France n’est plus le premier pays du Cabernet Sauvignon, mais le deuxième. Elle est en effet précédée par la Chine.

A noter que ce cépage précède à présent le Merlot, le Tempranillo, la Syrah et le Grenache au palmarès des cépages rouges.

Secundo, le premier pays du Trebbiano (alias Ugni blanc) n’est pas l’Italie, mais la France (principalement à cause de ses spiritueux).

Ce cépage arrive en 4ème position des cépages blancs les plus plantés dan sle monde, derrière le Chardonnay, l’Airén (également très prisé pour la distillation) et le Sauvignon.

Hervé Lalau

Un bon conseil pour les vins d’anniversaires

A tous ceux qui aiment fêter des anniversaires et des événements avec de belles bouteilles de millésimes anciens, je me permets de conseiller les VDN, qui se gardent beaucoup mieux que pas mal d’autres vins.

Ce n’est pas qu’une question de prix – même si, c’est vrai, les VDN sont sous-cotés.

C’est d’abord qu’avec eux, on a un immense plaisir à remonter le temps, plutôt que de se dire qu’on aurait dû les boire il y a bien longtemps, et de regretter l’investissement. Vous pouvez me croire, j’ai testé, pour chacun des millésimes de mes trois enfants, (1990, 1995 et 2000), par exemple. Et jusqu’à présent, je n’ai JAMAIS été déçu. Contrairement à quelques tentatives avec de Grands Crus de Bordeaux qui, à mon grand étonnement, continuent à percer le plafond des ventes aux enchères. Tant mieux, dans un sens, car si la la mode et le snobisme s’emparaient des vieux Rivesaltes, Maury, Banyuls, Frontignan, Beaume de Venise, Rasteau, sans oublier Pantelleria ou Setubal…, ils ne seraient sans doute plus à la portée de ma bourse. Quelle injustice, quand même, pour tout le travail des vignerons!

Hervé Lalau

Domaine Viticole de la Ville de Colmar Alsace Pinot Gris 2018

J’ai aimé ce Pinot Gris pour ses arômes envoûtants de fruits jaunes et blancs (pêche, poire, notamment), et sa belle fraîcheur en bouche ; bouche où se mêlent des notes de réglisse et de pierre à fusil avec, en toute fin, pour prolonger le plaisir des notes d’anis et de quinquina.

La preuve qu’il ne faut pas forcément « taper » dans les Grands Crus pour trouver des vins qui dépassent le simple aspect variétal.

Pour rappel, le Domaine Viticole de la Ville de Colmar a été fondé en 1895 par l’ampélographe Chrétien-Christian Oberlin, grand rénovateur du vignoble alsacien. Il exploite plus de 28 hectares en propriété dont le Clos Saint-Jacques, situé à proximité des chais, et le vignoble des Hospices Civils Louis Pasteur de Colmar. 

Prix de vente indicatif: environ 11 euros. 

Hervé Lalau

Une pensée pour Beyrouth

Pas de réflexion philosophique ou politique, juste une pensée pour mes amis libanais, déjà tellement éprouvés, et dont la capitale ressemble à une scène de guerre, ce soir; ce qui doit leur rappeler de terribles souvenirs.

Je les sais courageux, mais à ce degré de malheur, qui  ne baisserait pas les bras, ne serait-ce qu’un instant!

Toute ma sympathie, les amis.

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IMG_7430Hervé Lalau

Les plaisirs de la (re)dégustation

Le plaisir, ça n’est pas toujours immédiat.

Dans le domaine du vin, il y a plusieurs cas où il est bon d’attendre. Quand le vin a besoin d’air, par exemple. C’était le cas, voici quelques jours, pour un 2019 de la Cave de Pfaffenheim, la Cuvée Jupiter. Un jeune riesling qui, malgré ses beaux habits jaunes, m’avait semblé tout sauf éclatant, mais plutôt éteint. Jupitérien-à-voir, circulez!

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Et voilà que je le redéguste le soir, et qu’il se montre sous un tout autre jour, volubile, aromatique, floral, fruité, vif, puissant et long. Le Roi des Dieux, quoi, le Riesling en majesté. Et quelle belle acidité – tranchante, mais aussi gourmande, comme un beau citron bien mûr.

Moralité: les vins, c’est un peu comme les gens, on doit parfois leur donner une deuxième chance.

Hervé Lalau

 

 

De la bombe!

«Pourquoi devrions-nous changer de bombardiers? Nous n’avons jamais eu aucune réclamation des gens que nous bombardons».

J’ai pensé à cette phrase de George Wallace, l’autre jour, en dégustant une série de vins rouges très alcooleux et très boisés, dont il s’est avéré par la suite qu’ils provenaient de Slovaquie.

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J’ai été surpris en apprenant cette origine: plusieurs dépassaient allègrement les 15° d’alcool, avec en plus, du sucre résiduel – j’aurais plutôt parié sur l’Australie, ou sur le Sud de l’Europe. Je me suis retrouvé bloqué dans les tunnels du temps, vers 1990, aux débuts de la Parkérisation.

Ce qui tend à prouver que tout ce que nous écrivons depuis au moins 20 ans sur les excès de la musculation appliquée aux vins n’a pas l’influence qu’on espère.

Bon nombre de producteurs, qu’ils soient dans des régions connues ou moins connues, continuent à produire des vins censés impressionner les jurys des concours.

Oui, il est encore des gens pour qui un vin sérieux doit avoir la couleur de l’encre, la puissance d’un Amarone, une extraction digne de feux les charbonnages de France et autant de bois que Tronçais peut donner sans que la forêt ne dépérisse, quitte à vous passer la bouche au papier à poncer.

Car c’est là la magie de ce type de vin: c’est un liquide qui sèche.

Alors oui, pourquoi changer de bombardiers, de bombes, de vins, d’habitudes?

J’ai bien un mot qui me vient à l’esprit, bêtement: pour le plaisir.

Mais c’est affaire de goût, bien sûr.

Hervé Lalau

Quelques rosés de Loire

La Loire est un acteur important sur la scène des rosés, notamment grâce au Cabernet d’Anjou, qui garde des adeptes et une bonne place dans la distribution. Mais on aurait tort de la limiter à cela, car on trouve des vins à la tendre couleur quasiment partout depuis Sancerre jusqu’à Nantes. Avec une assez grande variété de cépages adaptés, du Pinot Noir (en Centre Loire) aux Cabernets, franc et sauvignon et au Grolleau (en Anjou), en passant par le Gamay (en Touraine, mais aussi à Ancenis), le Pineau d’Aunis (en Vendômois) ou encore le Pinot Gris (à Reuilly). Sur base de la quinzaine d’échantillons reçus, je vous propose une petite sélection, qui, on s’en doute, ne prétend pas à l’exhaustivité.

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Saint-Nicolas de Bourgueil Rosé Domaine de la Jarnoterie Préludise 2019

Une robe mangue aux reflets vermillon. Le nez se développe dans le verre –  grenadine, framboise; la bouche, d’abord poivrée se complète d’un trait de grenadine.

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Saint-Nicolas de Bourgueil Domaine de La Chevallerie «L’Echappée» 2019 

Jolie robe mangue, éclatante. Le nez évoque la groseille et la pomme ; en bouche , et pour finir la délicieuse amertume de la rhubarbe.

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Chinon Couly-Dutheil Cuvée René Couly 2019

Quelle jolie robe framboise ! Framboise au nez également, c’est ton sur ton; en bouche, on part plutôt vers les fraises au poivre et à la menthe, sur un mode acidulé, en un mot harmonieux, confortable et très sensuel – zut, ça fait trois mots !

Paul Buisse Rosé de Loire 2018

Une exception dans cette dégustation, puisqu’il s’agit d’un 2018. Nous en avons donc tenu compte, cherchant moins l’exubérance du fruit, mais plutôt une matière bien fondue. A ce jeu, ce rosé de Loire (sec, à l’inverse du le Cabernet de Loire) s’en tire plutôt bien. Sa robe est d’un beau Rosé, Rond, opulent, un peu lourd

Coteaux-du-Vendômois Denis Noury Chaleur d’Eté 2019

Suave, gourmand, délicat, feuille de tomate, épicé, melon, mangue, pêche, pomme, mirabelle. Croquant. Bouche vive

Coteaux du Vendômois Alliance Loire Lieu-dit Le Cocagne 2019

Robe entre gris et rose pâle. Le nez d’abord discret s’affirme peu à peu, s’ouvre sur des notes de melon et de poivron mûr ; la bouche est vive, légèrement fumée, un vin très sympathique.

Le Cocagne est un lieu-dit de la commune de Lunay, sur des premières côtes bien exposées, en bordure du Loir.

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Coteaux du Vendômois Montagne blanche 2019

Robe l’abricot. Idem au nez. Puis s’ajoutent la poire et la pêche. La bouche est dans la continuité, avec en plus, des notes poivrées. Un vin sans chichis, très franc, et de belle buvabilité.

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Coteaux du Vendômois Colin Gris Bodin 2019

Quel nez ! Groseille, poivre, safran, rose, fanée, c’est un déferlement. La bouche saline hésite entre vivacité et vinosité, et puis, finalement, nous offre les deux. Un gris de repas.

Pineau d’Aunis (vignes centenaires), pressurage direct. Non chaptalisé. 5 mois d’élevage en fûts.

Prix à la cave : 7,5 euros.

Cabernet d’Anjou Château de Montguéret 2019

Le seul rosé tendre de notre dégustation. Fleurs blanches, pivoine, iris et fraise au nez. Le sucre bien intégré lui confère pas mal de gourmandise en bouche, avec une finale saline qui relance la bouche, évitant la mollesse. Superbe harmonie d’ensemble et goût de revenez-y. La preuve que même avec du sucre résiduel et même en année chaude, on peut faire un vin de caractère.

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Prix de vente indicatif: 6-7 euros.

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Crémant de Loire Ackerman Brut Rosé Cuvée Privée

Terminons par une bulle -nous en avions deux au départ, une seule à l’arrivée. Ce Crémant à la teinte saumon assez soutenue nous offre un joli panier de fruits d’été au nez, pêche, abricot, poire ; la bouche est juteuse mais aussi délicatement citronnée et épicée (poivre, menthe).

Cabernet franc, Grolleau, 24 mois d’élevage. Pour rappel, Jean-Baptiste Ackerman, Bruxellois d’origine, mais Français sous l’Empire, a été l’initiateur de la bulle à Saumur, en 1811. Prix boutique en ligne : 8,45 euros.

https://www.ackerman.fr/univers-ackerman/maison-ackerman/

Hervé Lalau

Vu sur Vivino

Tout ce qui s’écrit sur la plateforme Vivino n’est pas parole d’Evangile. J’en veux pour preuve cette page sur l’excellente Cuvée Ombre, des Collines de la Moure, classée parmi… les vins de Provence.

Pour rappel, les Collines de la Moure sont une IGP de l’Hérault.

Et Ombre n’est pas une « Maison », mais une marque du Groupe GCF.

 

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par défaut 2020-06-05 à 19.46.18Plus fort encore, on trouve même sur cette page des recommandations d’accords pour ce « Provence Rosé ». Recommandations des « wine experts » de Vivino, bien sûr.

Hervé Lalau

L’Occitanie adopte un plan de relance pour la filière viticole

Qualifié de « Plan de reconquête », face au Covid19, mais aussi aux difficultés générées par la hausse des taxes aux Etats-Unis, ou encore le Brexit, ce plan s’échelonnera sur 18 mois. Il sera doté de 49 millions d’euros répartis entre le Conseil Régional, les fédérations de métiers et les interprofessions.

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Les objectifs sont multiples:

–          Développer en amont le lien entre le vignoble et les metteurs en marché par des engagements contractuels pluriannuels

–          Stimuler la demande

–          Reconquérir des parts de marché

–          Développer l’image AOP / IGP

–          Conforter le leader Pays d’Oc IGP pour la catégorie cépages

–          Préserver les Vins Doux Naturels

–          Accélérer la montée en gamme des vins AOP / IGP des vins des vignobles du  Roussillon, du Sud-Ouest et du Languedoc

–          Conforter les IGP et AOP du Sud-Ouest caractérisées par leurs cépages autochtones

Les cibles choisies sont également multiples (CHR, GMS, Foires, Cavistes, Circuits courts, Salons, On Line, Travel Retail, France, Europe & Grand Export).

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Pour rappel, l’Occitanie est la première région de production de vin au monde en volume, avec quelques 14 millions d’hectolitres produits chaque année en moyenne.