Ballade savoyarde

Adossés en coteaux aux barrières rocheuses qui veillent sur la Combe de Savoie et le Lac du Bourget, les vignobles du 73 se répartissent de part et d’autre de Chambéry. Si leurs meilleurs vins, ceux qui ne ressemblent pas à de banals rince-doigts, sont un régal pour le palais, leurs paysages sont un régal pour l’oeil, comme je vais tenter de vous le prouver en images.

Apremont

Saint Pierre d’Albigny
Apremont
Chapareillan
Vue sur Chignin et ses châteaux
Les Marches
Le lac du Bourget
Jongieux
Les Marches

Merci à Aurélie Soulat et à Franck Berkulès pour l’organisation de ce voyage.

Rendez-vous sur les 5 du Vin, ce mercredi, pour une première série de commentaires de vins – de la Jacquère, bien sûr.

Hervé Lalau

En léger différé de l’opération « Les Chasselas à Bruxelles! »

Voici quelques photos prises sur le vif, avant-hier, à Bruxelles, capitale mondiale du Chasselas (pour quelques heures).

Primo, pour donner aux professionnels et aux journalistes gastronomiques belges le regret de ne pas avoir assisté à l’opération Les Chasselas à Bruxelles!, concoctée par l’ami Marc Vanhellemont, l’agence Azerty et votre serviteur, en collaboration avec l’Association pour la Promotion du Chasselas, le chef Rocky Renaud, du restaurant Le Passage, et l’affineur Jacquy Cange.

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Le verre de bienvenue à l’accueil du Passage (un La Côte du Clos des Abbesses).

Secundo, et surtout (parce qu’on n’est pas sadiques, quand même!), pour montrer la bonne ambiance que génèrent les vins de ce cépage créateur de convivialité, et qui se prête à tellement d’accords gastronomiques, et pas seulement avec la cuisine des régions où il est produit.

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Du beau monde au Passage

J’en veux pour preuve les mariages vins fromages aussi heureux que variés proposés par Marc et Jacquy: avec un Chabichou, un L’Estivaz, un bleu de suisse alémanique et une Tomme de Brebis du Tarn (je pense que Marc vous les détaillera mieux que moi, mais un grand bravo à tous les deux, dont les accords ont caressé ou ébouriffé nos papilles reconnaissantes)…

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Les fromages amoureusement sélectionnés par Marc et Jacquy pour l’occasion

Et puis, les mariages gourmands, à table, que le même Marc et Rocky Renaud nous ont concocté, avec une belle précision. Sur chaque plat, deux vins étaient proposés qui jouaient, parfois, la complicité et parfois le contraste – avec de l’omble chevalier, avec du veau aux morilles, avec des quenelles, avec une tarte aux pommes… et l’audace a payé.

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Un de mes coups de coeur: Les Dames de Hautecour (Mont-sur-Rolle)

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Et sa productrice, Coraline de Wurstemberger, une grande dame du vin (qui ne boit pas que de la Bru).

La démonstration était faite, pour la cinquantaine de convives, que le Chasselas, Fendant, Lausannois ou Gutedel, appelez-le par le prénom que vous voulez, n’est pas qu’un faire valoir pour les crackers de l’apéro ou pour la sempiternelle raclette de retour des sports d’hiver.

D’abord, il faut le mettre au pluriel, parler DES Chasselas, des jeunes, des vieux, des non filtrés, des reposés, des perlants, des passerillés, des Vaudois, des Valaisans, des Neuchâtelois, des Badois, des Alsaciens, des Ligériens, des Savoyards… Car il faut bien mettre en avant la capacité des Chasselas à révéler leur coin de terroir.

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L’omble chevalier fut un excellent compagnon pour les deux Chasselas sélectionnés

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Et non, il n’y a pas que le Vin Jaune qui convienne aux morilles…

Ensuite, il faut que la restauration (belge, française, asiatique, universelle…) se rende compte qu’elle a en eux des alliés de premier choix: aucun plat servi au Passage n’a écrasé le vin, aucun vin n’a écrasé le plat.

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Le chef Rocky Renaud (Le Passage, Uccle) aux manettes

Après ces agapes excitantes, mais pas fatigantes (le Chasselas est rarement alcooleux), pas moins de 62 cuvées primées lors du dernier Mondial du Chasselas étaient proposées à la dégustation; les aficionados ont pu s’en donner à coeur joie. Et découvrir, notamment, avec certaines cuvées remontant aux années 1990, tout le potentiel de vieillissement du cépage.

Quand je vous disais que les absents ont toujours tort…

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Le vigneron du Dézaley Patrick Fonjallaz avait fait le déplacement à Bruxelles – et ne semble pas le regretter!

Mais rien ne vous empêche, à présent, d’essayer par vous même de marier Chasselas et bonne chère. Il n’est pas toujours facile de trouver les Chasselas suisses hors des frontières helvétiques, mais après tout, ce n’est pas si loin, on peut aussi aller acheter sur place, et profiter des beautés visuelles et gastronomiques de l’Arc lémanique. Sinon, il y a aussi le Pouilly-sur-Loire (de plus en plus rare), les Chasselas de Haute Savoie (Ripaille, Crépy…) et le Gutedel alsacien (rarement vinifié seul, hélas). Sans oublier, juste en face, les Chasselas de Baden.

L’ami Marc vous en dira plus sous peu, quand il aura terminé de ranger…

Quant à moi, je suis fier d’avoir pu apporter ma petite pierre (à fusil) à cet événement.

Hervé Lalau

 

Domaine de l’Epervière Cuvée Habanera 2017

Sur l’étiquette figure la mention «A mon Père». Outre cet hommage filial, on y trouve quelques notes et le mot Habanera, qui, comme tout le monde le sait, est une danse cubaine.

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Si ce vin nous fait danser, c’est d’abord par son acidité – appelez-la fraîcheur si ça vous chante, moi, j’ai opté pour l’acidité, tranchante comme un silex. D’ailleurs, il y en a aussi, du silex! Et puis du citron et du tilleul.

La bouche est pleine d’énergie; et de finesse, aussi.

Julie, troisième génération de Portaz sur l’exploitation (elle a repris le domaine en 2012), prouve qu’en Abymes, on peut atteindre… les sommets.

www.vigneron-independant.com/domaine-leperviere

Le Chautagne Gamay du Vigneron Savoyard

Le gamay, ce n’est pas qu’une affaire de Beaujolais! La cave du Vigneron Savoyard aussi.
Ce « Chautagne Gamay Cuvée Exception » de 2016 en est issu à 100%.

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Nos amis coopérateurs nous livrent ici un vin fruité (framboise et cassis), plutôt léger mais non dénué de caractère – notamment grâce à de sympathiques tannins, qui, sans être rudes, soutiennent bien l’édifice. Le mot qui le résume le mieux: plaisant.

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Tous les vins n’ont pas l’ambition d’être grands crus, il en est aussi de plus simples, mais qui séduisent par cette simplicité même. A servir légèrement rafraîchi, sur un lapin en sauce au vin, par exemple.

L1040652La brume se lève sur Jongieux (Photo (c) H. Lalau)

Le Vigneron Savoyard est la résultante de la fusion entre deux coopératives: le Vigneron Savoyard d’Apremont et la Cave de Chautagne de Ruffieux, où se fait à présent l’ensemble de la vinification.

Si vous passez à Ruffieux, demandez aussi à déguster la Mondeuse vieille vigne, poivrée à souhait.

Le Vigneron Savoyard, Ruffieux

Hervé Lalau

L’Apremont Cuvée Le Moulin 2015 de Dupraz

Un vin qui prouve que la Jacquère de Savoie ne doit pas forcément se descendre aussi vite qu’une piste verte – c’est un 2015, et il slalome très bien… 

Mangue, mirabelle, coing, ce nez plutôt explosif montre que le temps ne nuit en rien à l’expressivité du cépage. La bouche, elle aussi, a sans doute gagné à cette attente- mais il faut dire aussi que 2015 est une année solaire – elle est grasse et ample à la fois. On pense à un pinot gris. Belle amertume finale.

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Domaine Dupraz: +33 4 79 28 37 47

La Maison des Vins de Savoie ravagée par le feu

Je viens de recevoir ce communiqué de Michèle Piron Soulat: 

« Un incendie a entièrement détruit la Maison de la Vigne et du Vin de Savoie à Apremont dans la nuit du vendredi 6 au samedi 7 janvier.

Une bâtisse esthétique, toute de bois et de cuivre, qui avait à peine dix ans et qui faisait la fierté de toute la filière, avec une vue à couper le souffle sur les Alpes, les glaciers et le Mont Granier. Une maison fonctionnelle à l’architecture remarquable, devenue un lieu culturel adopté par toute la profession, avec notamment une magnifique salle de dégustation ».

Cela me fait tout drôle, car j’y suis allé à plusieurs reprises, et la dernière fois, en mai dernier, pour une superbe dégustation de blancs de Jacquère, d’Altesse et de Malvoisie.

Un vrai coup dur! 

Siège social du Syndicat Régional des Vins de Savoie (Président Michel Quenard), la maison abritait aussi le Comité Interprofessionnel des Vins de Savoie (Président Charles Henri Gayet), elle était ouverte à toute la profession.

L’équipe des Vins de Savoie poursuit son chemin, se concentrant sur le programme, accueillie dans des locaux de la Chambre d’Agriculture Savoie Mont Blanc (Président Patrice Jacquin) à Saint-Baldoph 73190 (40 rue Terraillet).

Des 1 100 m2 de bâtiment, il ne reste que la chape de béton au sol. Une bonne nouvelle lue dans Le Dauphiné Libéré (10-01-17), tout de même:  « Accompagnés des douanes, les vignerons ont pu sauver la quasi-totalité des fameuses capsules, très importantes pour l’embouteillage des vins de Savoie« . Important pour ne pas bloquer la commercialisation des vins !

« Rétablir le service aux vignerons a été notre première priorité, je remercie les salariés qui ont eu l’énergie de le faire » confirme Michel Quenard.

Le Grand Larousse du Vin, édition 2016

Comment être objectif à propos d’un ouvrage auquel on a collaboré, ainsi que plusieurs très bons camarades (David Cobbold,  Marc Vanhellemont, des 5 du Vin, ainsi que l’excellent Sébastien Durand-Viel)? Je n’essaierai même pas…

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Reste que c’est une belle brique (près de 700 pages), une mine d’info, et que pour une fois qu’un ouvrage français (pas une traduction) s’ouvre assez largement aux vins du monde, c’est une initiative à saluer.

J’ai eu d’autant plus de plaisir à participer à cette aventure collective (assez modestement, à dire vrai, juste une vingtaine de pages) que ce fut l’occasion pour moi de rendre hommage à quelques vignerons que j’apprécie. En effet, la seconde partie de l’ouvrage, qui passe en revue les grands vignobles du monde, illustre certains grands terroirs par des pages consacrées à des domaines précis, choisis par les auteurs.

Pour moi, ce furent le Domaine d’Aupilhac, le Mas Jullien, Antoine Arena, Egon Muller, Klein Constantia, Catena Zapata, le Château d’Aquéria, Miguel Torres, Bodegas Lustau, Grange, Quinta do Noval et Antinori.

Une belle brochette, non? Et une belle diversité, aussi.

Mais il y a bien d’autres bonnes raisons de lire ce livre, ou de l’offrir. Le vin, c’est de la culture liquide, qui se boit, et qui se lit aussi.

On dit qu’un homme averti en vaut deux. Un buveur bien informé aussi.

 

Champagne Louis Roederer Rosé 2009

Mes confrères de la RVF ont établi un classement des marques de Champagnes – subjectif, certes, comme tous les classements, mais il a le mérite d’exister. Et puis, comment ne pas aimer les gens qui s’engagent!

Toujours est-il que le premier à leur palmarès s’appelle Roederer.

Le hasard fait bien les choses: j’en ai dégusté une cuvée la semaine dernière.

Dire que j’ai été scotché, bluffé, tétanisé, non, ce serait exagéré. La cuvée en question – le Rosé 2009 a tout de même été sélectionnée haut la main par notre panel, et Gérard Devos, notre maître ès-bulles, en a fait le commentaire suivant:

« Ce rosé de saignée 2009 a été élaboré avec 62% de Pinot Noir de Cumières et 38% de Chardonnay de la Côte des Blancs. Aucune fermentation malolactique n’a été effectuée et 7% des jus ont fermenté dans des foudres. Un dosage de 9 grammes s’inscrit dans la finalité de la cuvée. Pour son attractive parure rose saumon, la matière passe par une macération pelliculaire à froids de 5 à 8 jours.

Après la tombée de la crème généreuse, la fine effervescence s’assagit et forme un beau cordon. La seconde partie de la dégustation offre au premier nez, une belle mixité fruitière où les cerises, la groseille rouge, les agrumes et les fruits jaunes s’entremêlent. Le second nez complexifie l’ensemble par l’apparition de notes de brioche, de pâte d’amande et d’une touche florale. L’instant magique vient avec une bouche marquée par une grande fraîcheur et une amplitude croquante sur une matière riche et ronde. L’explosion de la bulle est jouissive car elle titille la langue sans agressivité. En finale, le jus, décline quelques notes chocolatées, ce qui nous pousse vers un mariage avec le gâteau  forêt noir ou le gratin de fruits rouges. Il conviendra également à l’apéritif ou en tête à tête. Les viandes rouges ou les petits gibiers accompagnés d’airelles seront aussi de bons partenaires gastronomiques. »

Que ces gentilles choses là sont joliment dites…

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Gérard et mes amis de la RVF me pardonneront, j’espère, d’être un peu moins enthousiaste. Non que je n’ai pas aimé ce produit, mais mon coeur n’a pas vraiment battu la chamade. Et puis, au risque de paraître terre à terre, pour une cinquantaine d’euros (le prix de cette cuvée), je peux acheter une demi-douzaine de bouteilles de bon Vouvray, de Seyssel, de Saumur, de Crémant du Jura, de Bourgogne ou d’Alsace. Sans parler du Franciacorta, du Cava, du Chandon argentin ou californien. Et si je veux du rosé, dans un style plus gourmand, il y a le Cerdon…

Gonflé, le Lalau, de comparer la Rolls des Champagne et un pétillant de Gamay du Bugey!

Peut-être, mais je vous le dis tout net: pour dépenser 40 euros en plus, il faut vraiment que j’ai beaucoup de plaisir en plus. Tel n’est pas le cas avec ce Roederer Rosé.

 

VCI: la liste des AOP de blancs

Voici la liste des AOP « susceptibles de bénéficier du dispositif du volume complémentaire individuel » (VCI) telle que validée par l’INAO pour les vins blancs secs: Bugey, Savoie, Bergerac, Côtes de Bergerac, Montravel,Côtes de Montravel, Rosette, Bordeaux, Entre-deux-mers, Côtes de Bordeaux–Blaye, Graves.

Pour rappel, ce dispositif permet de produire au-delà du rendement de l’appellation, « afin d’alimenter une réserve individuelle qui peut être mobilisée ultérieurement, en cas de récolte déficiente sur le plan qualitatif ou quantitatif ». 

Plus d’info: Légifrance