La véraison commence en Côtes-du-Rhône

Notre ami Georges Truc nous tient régulièrement au courant du cycle végétatif dans sa région…
« Ca y est : la véraison commence ! Ici, sur le cépage Couston (un Ardéchois, croisement entre le Grenache noir et l’Aubun), qui vient de faire son entrée officielle dans la liste des cépages secondaires des Côtes-du-Rhône.
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Bien que peu sensible au mildiou, ses grappes n’ont pas manqué d’être attaquées aux mois de mai-juin, lors des phases pluvieuses qui ont affecté de nombreux vignobles du Sud ».
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Georges Truc

En direct du Vaucluse

Notre ami Georges Truc m’envoie deux jolies photos du vignoble vauclusien.

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Et ce petit commentaire de son cru (Georges est géologue, je vous le rappelle):

La vigne croît et embellit, sauf dans les endroits ravagés par le mildiou…
Sur les terres jaunes du Trias, tout va bien.
Et chez Alain Ignace, le Muscat petit grain est superbe !
Merci Georges, et pourvu que ça dure!

Hervé Lalau

Un Côtes-du-Rhône signé Vidal-Fleury

Ce n’est qu’un simple Côtes-du-Rhône – comprenez, un exemplaire de l’appellation la plus large, la plus générique de la vallée du Rhône; sauf que c’est un vin signé Vidal-Fleury, et que ce négociant ne fait rien sans beaucoup de soin. Pas pour compliquer, non, mais pour peaufiner. Parce que tout ce qui mérite d’être fait mérite d’être bien fait.

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Alors, ce « simple » Côtes-du-Rhône, qui allie grenache, syrah, mourvèdre et carignan de la partie méridionale de la région, est un vin qui séduit par son équilibre.

Vous aimez le fruit? Il y en a, rouge, noir et bien mûr, c’est un 2015; vous aimez les fleurs? Il y en a aussi, de la pivoine, de la rose, de la violette. Et tout cela surnage dans une mer plutôt pacifique, une belle matière, des tannins robustes mais bien enrobés, avec en finale, quelques embruns salés.

Bref, de la belle ouvrage. Sortez le barbecue, les brochettes et les steaks, voici le sang de la vigne pour leur faire honneur!

Hervé Lalau

31 vins de Marsanne au banc d’essai

Membre de la famille des sérines (comme la Roussanne, mais aussi comme le Viognier, la Mondeuse, l’Altesse, le Persan et la Syrah), la Marsanne est une des composantes essentielles des beaux blancs du Rhône (et même de Cassis).
Au point que certaines cuvées sont des 100% Marsanne.

Ce vendredi, mon confrère d’In Vino Veritas, Johan De Groef, organisait à Vilvorde une dégustation de 31 vins de ce cépage, issus des appellations Saint-Péray, Crozes-Hermitage, Saint-Joseph et Hermitage, ainsi que de deux IGP rhodaniennes. il y a avait là une majorité de 2016 et de 2015, plus quelques 2014 et un 2011. La plupart sont des 100% Marsanne, mais il y a dans le lot quelques assemblages.

J’y ai glâné plusieurs coups de coeur que j’ai envie de partager avec vous.

Marsanne

Il est à remarquer que ces coups de coeur se répartissent entre les quatre appellations, avec, quand même, une préférence pour les Crozes-Hermitage et les Saint-Joseph, qui, pour les meilleurs, m’ont ont paru bénéficier d’un petit supplément de fraîcheur.

Car si elle nous gratifie généralement de beaux arômes fruités (pêche, abricot…), mais aussi floraux, sans oublier de beaux épices et quelques notes de pâtisserie (frangipane), la Marsanne peut parfois sembler mollassonne, trop sur l’alcool ou sur un amer dérangeant.

Les meilleures cuvées s’en sortent le plus souvent grâce à une belle minéralité – pour ceux que ce mot rebute, je parlerai d’une belle salinité en finale, ou de cette amertume qui loin d’être un défaut, relance la bouche et se conjugue avec un retour du fruit et des épices.

L’élevage en bois (plus ou moins neuf) introduit bien sûr un paramètre supplémentaire. Certaines cuvées allaient peut-être un peu loin dans cette direction, mais ce n’était pas la majorité. Quand boisé il y avait, il était le plus souvent bien intégré.

Il est à noter, cependant, que certains vins sont actuellement dans une phase de fermeture. Les vins de Marsanne posent à l’évidence un beau dilemme au dégustateur: quand les ouvrir?

Souvent très séduisantes dans leur première année, les Marsannes sont parfois ingrates dans les 3 à 4 années qui suivent. En point d’orgue de la dégustation, après les deux Hermitage, nous avons pu apprécier le Crozes-Hermitage 2002 d’Emmanuel Darnaud, d’une étonnante jeunesse aromatique; ce qui m’incite à penser qu’il ne faut pas trop juger la Marsanne sur ses balbutiements, mais plutôt sur ses aptitudes de demi-fond.

Voici donc mes neuf favoris:

Alain Voge Saint-Péray Ongrie 2015

Paul Jaboulet Crozes-Hermitage Les Jalets 2016

Yann Chave Crozes-Hermitage 2016

Domaine des Lises Crozes-Hermitage 2015

Les Vins de Vienne Crozes Hermitage Maison Blanche 2016 

Domaine Coursodon Saint-Joseph Cuvée Silice 2016

Domaine Cuilleron Saint-Joseph Le Lombard 2016

M. Chapoutier Hermitage 2014

Delas Domaine des Tourettes Hermitage 2015

Quelques commentaires en guise de conclusion. Les deux Hermitage cités ci-dessus sont des cuvées haut de gamme, à plus de 100 euros. Pour des vins de ce prix, il serait d’autant plus dommage d’être déçu. Ce ne fut pas le cas. A chacun de décider s’il en a pour son argent, il s’agit en tout cas de vins très soignés; le Delas m’a paru plus ouvert, et donc plus expressif, mais le Chapoutier est un grand vin de garde.

Un seul petit regret: j’aurais bien aimé pouvoir introduire dans la dégustation quelques Marsannes suisses (le cépage a en effet essaimé depuis fort longtemps dans le Rhône… oriental, sous le nom d’Ermitage). Car elles sont souvent excellentes.

J’en avais fait la demande auprès d’importateurs; je n’ai malheureusement pas reçu d’échantillons. Une comparaison avec quelques vins de Cassis aurait aussi pu être intéressante, même si, dans cette appellation, la Marsanne n’est jamais (officiellement) vinifiée seule.

Hervé Lalau

La Cave de Tain croit au sans soufre

Le sans soufre pourrait-il se généraliser dans les structure de grande dimension, et à des cuvées d’un certain volume?  A la Cave de Tain, on en est convaincu, pour l’avoir expérimenté depuis 2015 sur une cuvée de Crozes-Hermitage; d’abord sur 60 hl, puis, en 2017, sur un potentiel de 1000 hl.

 

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Pour les deux oenologues de la maison rhodanienne, Sophie Obszinsky et Xavier Frouin, cela suppose que plusieurs conditions soient réunies, aussi bien à la vigne qu’au chai (je cite):

-Eviter l’éclatement des baies avant l’encuvage et ainsi favoriser les transferts de vendanges, respectant l’intégrité des baies (vendange manuelle ou mécanique avec machines dernière génération, transfert en wagonnet ou en pompe péristaltique et queue de cochon) ;

-Protéger la vendange à l’encuvage (refroidissement, inertage en gaz inerte). 

-Maîtriser les conditions de stockage des vins sous gaz inerte et à basse température pour préserver le potentiel réducteur de la Syrah.

-Maîtriser l’hygiène en cave (mesure d’ATPmétrie) pour éviter des développements microbiens non souhaitables et préjudiciables à la qualité des produits élaborés.

-Contrôler des populations levuriennes et sélectionner des souches pour éviter une production naturelle des sulfites.

-Favoriser les conditions d’un départ rapide en fermentation alcoolique, et des cinétiques fermentaires franches et rapides pour la fermentation alcoolique et malolactique ;

-Favoriser les extractions douces et les macérations courtes.

-Assurer un suivi analytique rigoureux de l’élevage, sur lie fine pour prévenir toute évolution négative ;

-Filtrer et conditionner les vins en atmosphère « stérile »

-Stocker les produits finis à température constante et à l’abri de la lumière.

 

A l’arrivée, La Cave de Tain peut donc proposer du Crozes-Hermitage sans soufre; elle pourrait même revendiquer le titre de vin naturel, pour la partie du vin qui est issue de vignes bio (car il y aura deux cuvées). Ce qui prouve que le vin nature n’est plus seulement qu’une affaire de petites structures.
 
Non encore dégusté.
 
Prix de vente consommateur conseillé: 11,65 € 
Distribution : cavistes, restaurateurs, boutique Cave de Tain et en ligne

Les Cairanne du domaine Brusset

Le  Domaine Brusset compte 70 ha répartis entre 5 AOC: Rasteau, Gigondas, Ventoux, Côtes-du-Rhône et Cairanne. Il est aujourd’hui dans les mains de Laurent Brusset, troisième génération de cette famille vigneronne.

Cairanne, où la cave est située, est au cœur de sa gamme: Laurent en propose pas moins de 5 cuvées, tantôt d’assemblage (Les Travers, en blanc et en rouge), tantôt parcellaires (Les Chabrilles, l’Esprit de Papet). Et il n’y a rien à jeter. Au point qu’il me fut difficile de sélectionner une cuvée en particulier.

J’ai craqué pour Les Travers 2016 qui, sous l’ancien nom du domaine, assemble garrigue et terres d’Aigues, haut et bas de l’appellation en un mariage tout en équilibre – force et souplesse, fruit et épices.
Et puis, aussi, la cuvée «Hommage à André Brusset», toujours dans le millésime 2016. Encore très jeune, ce vin de raisins non éraflés est à la fois dense et très fin, très typé, avec ses notes de prune, de fumé et d’épices, et sa bouche opulente, juteuse et sapide. Il assemble vieux grenache (80 ans) et mourvèdre.

Retrouvez une sélection plus large du nouveau cru Cairanne sur le site d’In Vino Veritas

Inter Rhône lance une école des vins

Dans ses nouveaux locaux du Carré du Palais, en plein coeur d’Avignon, l’Ecole des Vins d’Inter Rhône propose de donner les clefs, non pas de Saint Pierre, mais des appellations de la région. 

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Avec le concours de l’Université du Vin de Suze-La-Rousse.

Au programme ces prochaines semaines, un atelier Accords Mets & Vins (le 9/12), un atelier dégustation « Verticalité en Côte Rôtie » (22/12) et un atelier Vins & Truffes le 22/1…

Plus d’infos et inscriptions: 04 65 00 00 01.

Vignerons ardéchois, festifs et innovants

Plus de 10 000 visiteurs sont attendus à la fête des Vignerons Ardéchois (42ème du nom) qui se tient ce 6 août à Ruoms (Ardèche). Au programme, dégustations de vins et de produits du terroir, échanges avec les vignerons.

A noter, cette année, l’arrivée dans la gamme de jolies bulles sous la bannière d’Orélie, en blanc et en rosé…

Ardéchois, coeur fidèle, oui, mais innovateur, aussi.

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Condrieu en deuil: Georges Vernay est décédé

Georges Vernay est mort ce vendredi 19 mai 2017, à l’âge de 92 ans.

Dans les années 1960, alors qu’on ne comptait plus que 7 hectares de viognier à Condrieu, il avait été le chef de file de la résurrection de ce cépage et de cette appellation, qui compte aujourd’hui parmi les ténors du blanc en France. 

Nos plus sincères condoléances à sa famille et à ses proches.