Le rosé, ce n’est pas que la France!

Sous la plume de Rachelle Lemoine, Le Parisien vient de faire paraître une alléchante sélection de vins d’été à petits prix, et notamment de rosés.

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Malheureusement, le quotidien de la ville la plus cosmopolite de France… a oublié les vins étrangers.

Je me permets donc de compléter cette sélection avec quelques suggestions de mon cru, toujours parmi les vins les plus accessibles…

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Pour l’Italie, le Chiaretto de Guerrieri Rizzardi

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Pour l’Espagne, le rosé de Navarre de Gran Feudo

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Pour le Liban, le Sunset de Château Ksara

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Pour la Tunisie, le Désir Rosé de Shadrapa

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Pour le Maroc, un gris de Boulaouane

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Pour le Portugal, ce rosé du Douro de Quinta Nova (non, pas Mateus)…

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Pour l’Algérie, la Fleur d’Aboukir des Grands Crus de L’Ouest Algérien

Vous pouvez compléter vous-mêmes, si vous avez eu l’occasion de déguster des vins de cette tendre couleur au cours de vos voyages à l’étranger, ou bien au restaurant.

Pour moi, c’est un peu de la déformation professionnelle. Primo, je suis juré au Concours Mondial du Rosé, à Cannes. Secundo, je suis pour la libre circulation des vins. Nous autres Français vendons assez de rosés par delà nos frontières pour avoir le droit (et l’envie) de goûter ceux de nos voisins, c’est-ce pas?

D’autant que la palette est large…

Hervé Lalau

 

 

 

Vieux cépages provençaux

Je suis toujours surpris, à la lecture de vieux livres sur la viticulture en France, par l’incroyable richesse ampélographique que notre pays possédait avant le phylloxéra.

Richesse en partie perdue pour la simple raison qu’après ce fléau, les vignerons ont logiquement préféré replanter des cépages de bon rendement, écartant par là-même des variétés sans doute qualitatives, mais peu productives, ou trop délicates (notamment trop sujettes à l’oïdium ou au mildiou).

Téoulier

Une grappe de Téoulier

Et bon nombre d’appellations, qui ont souvent la mémoire plus courte qu’on ne le croit, ont entériné ces choix – à quoi bon mettre dans une liste de cépages ce que plus personne ne produit – il n’y avait souvent personne pour les défendre.

Un exemple: le vignoble de Provence. Selon la liste dressée par l’incontournable Victor Rendu dans les années 1850, la région comptait au moins 11 cépages rouges et 8 cépages blancs à large implantation.

Parmi ceux-ci, 8 cépages rouges subsistent (dont certains, à l’état de traces). A savoir, en rouge, le Grenache, le Mourvèdre, le Tibouren, et à titre quasi anecdotique, le Barbaroux, le Téoulier ou Manosquin (encore autorisé en IGP du Var et dans les AOC Palette et Perrevert), le Brun Fourca (ou Moulan) et le Pascal Noir.

En blanc, nous restent la Clairette, le Pascal Blanc (cépage accessoire de Cassis), l’Ugni et le Colombaud, alias Bouteillan (2 ha à Palette) sans oublier l’Araignan, alias Picardan. Pour être complet, précisions qu’on ne trouve pas mention du Rolle ou Vermentino dans l’ouvrage. Soit-il est arrivé après (d’Italie), soit il avait un autre nom.

Ont disparu, totalement ou presque, en rouge, le Catalan, l’Aramon, et le Pécoui-Touar ; en blanc, le Majorquin, la Panse et les Muscats (qui donnaient pourtant de très beaux vins à Cassis depuis la Renaissance, s’il faut en croire les documents d’époque).

Les mêmes archives insistent sur les qualités de certains des cépages totalement ou virtuellement abandonnés, notamment le Téoulier, le Pascal Noir et le Pécoui-Touar, lorsqu’ils sont plantés en coteaux, et à rendement limité.

Il n’est que temps de s’intéresser à nouveau à cet héritage; au nom de la diversité, mais pas seulement: certains de ces cépages oubliés présentent une bonne résistance à la sécheresse ou à certaines maladies.

Hervé Lalau

Le Vaucluse au temps des cigales

Notre ami l’oeno-géologue Georges Truc se mue en entomologiste, cette semaine, pour nous parler d’un insecte inséparable de sa Provence, photos à l’appui.
« Nous sommes au cœur du temps des cigales, exceptionnellement abondantes cette année. Voici le cycle de développement de ce bel insecte: l’adulte pont des œufs dans le bois des branches de diverses essences, surtout les bois tendres. Ces œuf donnent des larves minuscules qui rejoignent le sol et creusent des terriers afin de s’abriter des rigueurs de l’hiver.
Elles se développent par mues successives pendant plusieurs années et, enfin, la nymphe sort de terre pour muer une dernière fois et devenir un insecte parfait ».
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« Les trous de sortie sont facilement identifiables ; quelquefois, la chance veut qu’on saisisse le moment crucial où l’insecte parfait, de teinte verte et incapable de prendre son envol (téguments trop souples), délaisse son exuvie et patiente quelques minutes avant de rejoindre ses consœurs ».
Cigale mue de la nymphe

Georges Truc

En direct du Vaucluse

Notre ami Georges Truc m’envoie deux jolies photos du vignoble vauclusien.

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Et ce petit commentaire de son cru (Georges est géologue, je vous le rappelle):

La vigne croît et embellit, sauf dans les endroits ravagés par le mildiou…
Sur les terres jaunes du Trias, tout va bien.
Et chez Alain Ignace, le Muscat petit grain est superbe !
Merci Georges, et pourvu que ça dure!

Hervé Lalau

Rosés de Provence haut de gamme

Le rosé, ce n’est pas qu’un vin de soif, aussi vite oublié que bu. Notamment en Provence, où l’on trouve des haut de gamme qui sont tout simplement de grands vins.

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Et par haut de gamme, il ne faut pas entendre « vins excessivement chers », mais plutôt vins ambitieux, vins soignés.

La preuve par l’exemple (ou plutôt les exemples, car il sont nombreux) avec la sélection de notre ami Marc Vanhellemont, pour In Vino Veritas.

Après cela, celui ou celle qui me dit encore que « le rosé, c’est pas du vin » peut se chercher un autre site…

Hervé Lalau

Estandon, fiers d’être coopérateurs!

J’ai assez pesté contre les coopératives qui s’affublent de noms latins ou prennent des patronymes de fantaisie, rompant ainsi le lien qui les liaient au lieu et à l’histoire, pour ne pas saluer ceux qui suivent le chemin inverse: ainsi, Estandon Vignerons vient de se rebaptiser Estandon Coopérative en Provence.

Voila qui dit bien ce qu’ils sont et d’où ils sont.

Estandon

J’adore. Tout comme j’adore leur cuvée Légende – un rosé de Provence pour le repas et pour la garde; mais aussi leur cuvée Zénith, à boire plus rapidement, mais toute aussi intéressante.

Estandon Coopérative en Provence fait partie de Marques & Coop, un club qui, lui aussi, porte ostensiblement leurs couleurs de la coopération, cette grande idée qui a permis de sauver des vignobles, de maintenir des familles à la vigne, et nous permet aujourd’hui de boire des grands vins qui auraient disparu sans elle.

Pensez-y, en ce jour de « marche des fiertés ».

Pas sûr qu’il y ait une banderole pour rappeler la fierté d’être coopérateur, même sur l’assemblée nationale; alors laissez-moi me faire le porte-drapeau des belles coopératives!

Hervé Lalau

 

 

 

Dégusté pour vous

Voici quelques liens vers mes notes de dégustations des dernières semaines, pour vous donner des idées (chroniques libres de toute publicité, bien sûr):

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https://chroniquesvineuses.wordpress.com/2018/05/02/a-jasnieres-et-nulle-part-ailleurs/

https://chroniquesvineuses.wordpress.com/2018/05/01/insolence-destandon-en-blanc/

https://chroniquesvineuses.wordpress.com/2018/04/29/dans-la-famille-papin-je-demande-le-gamay/

https://chroniquesvineuses.wordpress.com/2018/04/26/languedoc-un-vin-dami/

https://chroniquesvineuses.wordpress.com/2018/04/17/au-chateau-du-moulin-a-vent/

https://chroniquesvineuses.wordpress.com/2018/02/13/chablis-les-venerables-2015-la-chablisienne/

https://chroniquesvineuses.wordpress.com/2018/04/08/passito-di-scirocco/

https://chroniquesvineuses.wordpress.com/2018/01/13/deux-fitou-du-domaine-de-rochelierre/

Je vous souhaite de belles découvertes!

Hervé Lalau

 

 

Insolence d’Estandon, en blanc

La cave coopérative Estandon Vignerons, bien connue pour ses rosés de Provence, lance une gamme de 4 IGP Méditerranée, sous le nom d’Insolence. Un nom qui va comme un gant à sa version blanche, très expressif au nez (pêche, poire, mangue), et volubile en bouche, avec ses saveurs acidulées; la finale n’est pas en reste, qui conjugue les fruits du nez, la fraîcheur et une pointe de sel. En bref, cette cuvée est aussi délurée que séduisante.

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La fiche technique nous dit que les raisins proviennent en majorité du plateau de La Roquebrussane, auxquelles sont ajoutées quelques belles grappes issues des environs de Brignoles.

Et moi, dans ce vin plutôt Rock, je soupçonne la présence de Rolle.

Plus d’info: Estandon Vignerons

Une appellation pour Nice

La nouvelle vous avait peut-être échappé, mais depuis peu, Nice a officiellement son appellation de vin. Je ne parle pas de Bellet. Je parle de Nice. Enfin, de Nizza, car c’est une appellation italienne. Elle se situe dans le Piémont.

Pour rappel, jusqu’en 1860, date de son rattachement à la France, Nice s’appelait Nizza. Et s’appelle d’ailleurs toujours comme ça en italien.

Mais il en est un autre – Nizza Monferrato, près d’Asti, d’où la possibilità di confusione.

Ce Nizza-là était auparavant une sous-zone de Barbera d’Asti. Elle a à présent sa propre DOCG, qui englobe environ 250 ha sur 18 communes de la province d’Asti. Le seul cépage autorisé est le Barbera.

Chiche que des cavistes niçois en proposent un jour à la vente? Possiamo sognare!

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Les vendanges ont commencé en Provence

L’agence Clair de Lune me fait parvenir ce communiqué sur les prévisions de récolte dans le vignoble provençal, alors que les vendanges ont commencé il y a quelques jours.

 

Une semaine d’avance

Le vignoble présente aujourd’hui une avance de végétation d’1 semaine par rapport à la moyenne. Les vendanges ont démarré autour du 16 août dans les zones les plus précoces et devraient se poursuivre jusqu’à la fin du mois de septembre sur les terroirs les plus tardifs.

« Les vendanges n’avaient jamais démarré aussi tôt », souligne Alain Baccino, Président du Conseil Interprofessionnel des Vins de Provence. « Il y a quelques années, on commençait à vendanger fin août. Le changement climatique progressif ainsi que les conditions particulières cette année ont entrainé une arrivée à maturité très précoce pour les raisins. En cette période de forte chaleur et pour garantir la qualité de nos rosés, nous vendangeons de nuit. »

Des premiers jus prometteurs et une quantité difficile à estimer

Les analyses effectuées sur les premiers raisins vendangés sont encourageantes. Ils sont à maturité et présentent une belle acidité. La taille des baies est par contre hétérogène en fonction des secteurs et des parcelles.

« Avec un bel équilibre entre fruit et fraîcheur, la qualité devrait être au rendez-vous pour ce millésime 2017 », confirme Alain Baccino. « La quantité est par contre beaucoup plus difficile à estimer à ce stade même si les premiers jus tirés laissent penser qu’elle sera moindre. »