Accord UE-Chine: les IGP ne sont pas des AOP

Petit rappel utile, suite aux articles parus sur l’accord entre l’Union européenne et la Chine sur la protection des labels: il y a trois catégories d’indications de provenance en Europe; les Appellations d’Origine Protégées (liées à un terroir, leur cahier des charges exigeant que toutes les phases de l’élaboration du produit se passent dans l’aire d’appellation délimitée), les Indications Géographiques Protégées (liées à un savoir faire et à un territoire, sans que toutes les étapes du processus de fabrication ne doivent forcément avir lieu dans la zone délimitée) et les Spécialités Traditionnelles Garanties, qui protègent une méthode de fabrication.

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Source: réseau d’information de l’UE

 

Le Champagne, le Bordeaux, le Comté, la Feta et le Porto (cités dans la dépêche ci-dessous) sont des AOP, pas des IGP.

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Source: AFP

Hervé Lalau

Le rosé, ce n’est pas que la France!

Sous la plume de Rachelle Lemoine, Le Parisien vient de faire paraître une alléchante sélection de vins d’été à petits prix, et notamment de rosés.

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Malheureusement, le quotidien de la ville la plus cosmopolite de France… a oublié les vins étrangers.

Je me permets donc de compléter cette sélection avec quelques suggestions de mon cru, toujours parmi les vins les plus accessibles…

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Pour l’Italie, le Chiaretto de Guerrieri Rizzardi

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Pour l’Espagne, le rosé de Navarre de Gran Feudo

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Pour le Liban, le Sunset de Château Ksara

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Pour la Tunisie, le Désir Rosé de Shadrapa

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Pour le Maroc, un gris de Boulaouane

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Pour le Portugal, ce rosé du Douro de Quinta Nova (non, pas Mateus)…

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Pour l’Algérie, la Fleur d’Aboukir des Grands Crus de L’Ouest Algérien

Vous pouvez compléter vous-mêmes, si vous avez eu l’occasion de déguster des vins de cette tendre couleur au cours de vos voyages à l’étranger, ou bien au restaurant.

Pour moi, c’est un peu de la déformation professionnelle. Primo, je suis juré au Concours Mondial du Rosé, à Cannes. Secundo, je suis pour la libre circulation des vins. Nous autres Français vendons assez de rosés par delà nos frontières pour avoir le droit (et l’envie) de goûter ceux de nos voisins, c’est-ce pas?

D’autant que la palette est large…

Hervé Lalau

 

 

 

Derniers vins de l’année

Ce soir, pour finir l’année en beauté, je vais terminer le magnum de Fiano di Avellino Brancato de Cavalier Pepe entamé le jour de Noël – conservé au frais, il a gardé tout son punch et même, peut-être, gagné en opulence.

Et puis, sur la biche, je vais servir un Hermitage 2015 de Paul Jaboulet Aîné – La Maison Bleue. Peuplée de fous, peut-être, comme disait Maxime. Mais des fous de Syrah, alors!
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Ensuite, j’hésite encore entre un Passito di Pantelleria NES de chez Pellegrino et un Porto Graham de 30 ans – que je servirai, dans un cas comme dans l’autre, non sur la bûche, mais seul, histoire de méditer sur l’année qui s’achève, au plan personnel et au plan plus global. A moins que je ne décide de déguster les deux.
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Pour cette fois, je ne vous gaverai pas de commentaires ni de propositions d’accords.
D’abord, je suppose que votre choix est déjà arrêté.
Et puis, les fêtes, ce n’est pas fait pour se prendre la tête!
Dans tous les cas de figure, je vous conseille et je vous souhaite de boire les vins qui vous font particulièrement envie; que vous les ayez amoureusement gardés en cave, ou que vous veniez de les acheter. Ou encore, des vins qui vous rappellent de bons souvenirs.
Même si l’accord gourmand n’est pas parfait, ils s’assortiront au moins avec votre bonne humeur.
En attendant, mes meilleurs voeux de belles bouteilles en 2019!

Hervé Lalau

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Deux Colheitas d’exception sur le marché belge

A l’occasion du festival Spirits in the Sky, qui se tient à Bruxelles du 10 au 11 novembre sous les auspices de The Nectar, le public belge pourra découvrir en avant-première deux pépites de la collection Graham’s, dans la catégorie colheita: le Single Harvest Tawny 1994 et le Single Harvest Tawny 1963, qui vont très bientôt arriver sur le marché. Ces deux vins sont issus de cinq domaines emblématiques du Douro: Quinta dos Malvedos, Quinta do Tua, Quinta das Lages, Quinta da Velha et Quinta do Vale de Malhadas.

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Plus d’info: info@thenectar.be

Hervé Lalau

Graham’s white &…

Deux bloggeurs belges, Jonathan Scheerlinck (Bible Of Drinks) et Kris Herrijgers (Kris Kookt), se sont inspirés du Graham’s White Port pour laisser libre cours à leur créativité. Voici leurs deux recettes, pour ceux qui veulent aller au delà du White Port & Tonic…

Bible Of Drinks « Red River »

Ingrédients:

50ml de Graham’s Extra Dry White Port
50ml de Sipsmith London Dry Gin
10ml de Chartreuse jaune
25ml de Sipsmith Sloe Gin

Accessoires:

Cuillère à cocktail
Bol à mixer en verre
Jigger
Verre en forme de coupe Vintage

Mélangez tous les liquides dans un verre à mixer et ajoutez de la glace
Mélangez le cocktail avec une cuillère à cocktail
Versez le cocktail à travers la passoire, placez une passoire Hawthorne ou julep sur le bol à mixer en verre et versez le cocktail dans un verre refroidi

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Achevez avec un zeste de citron

Port ó groni

Dans cette variante du fameux Negroni, Kris Kookt a remplacé le Campari par le Graham’s Extra Dry White.

Ingrédients:
30 ml de Graham’s extra dry white port
30 ml de gin
30 ml de vermouth rouge
des glaçons
Un zeste d’orange

Versez les glaçons dans un verre
Versez tous les ingrédients dans le verre
Mélangez bien
Achevez avec un zeste d’orange.

Vous m’en direz des nouvelles. Je ne suis pas très cocktails, mais votre avis m’intéresse.

Hervé Lalau

Sillages Albariño 2017, par Foncalieu

« Y a de  la poire » m’a dit ma fille Joëlle en humant ce vin dans mon verre, à la manière des Tontons Flingueurs.

Oui, sauf que ce n’est pas de la poire, mais de l’Albariño.
Un Albariño qui n’est ni galicien ni portugais, mais languedocien, en l’occurrence – c’est un IGP pays d’Oc produit par la coopérative Foncalieu, sous le joli nom de Sillages.
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Le genre de sillages qu’on aime à suivre

Outre la poire, on aime ses belles notes d’agrumes, sa fraîcheur et une forme d’opulence en bouche.
Aux aficionados de la version originale (type Monção ou Pazo Señorans), il manquera peut-être un peu de minéralité, mais on saluera le résultat de la transplantation – Notons que les vignerons de Foncalieu ont été les premiers à en planter dans leur beau pays d’Oc.

Hervé Lalau

Les vins étrangers dans la distribution française

Selon les derniers chiffres du panel IRI, les vins portugais sont ceux qui connaissent la plus forte progression parmi les vins étrangers dans la grande distribution française – et notamment les marques Mateus, Gatão et Gazela.

Les deux marques les plus importantes de ce segment restent cependant issues du Maghreb (Boulaouane et Sidi Brahim).

Parmi les 10 premières marques, on trouve aussi des vins chiliens (Gato Negro et Casillero del Diablo), ainsi qu’une marque californienne (Gallo, en forte perte de vitesse). Curieusement, il n’y a aucun vin d’Espagne – si les vins de ce pays entrent souvent dans la composition de cuvées de marques françaises, c’est en toute discrétion!

Il est drôle de penser que bon nombre de consommateurs français boivent espagnol en toute ignorance, mais que les distributeurs prennent rarement le risque de référencer de beaux vins d’Espagne et qui assument leur origine!

On notera par ailleurs que ces dix « premiers de classe » sont des vins qui mettent plutôt l’accent sur la marque que sur l’appellation. Et ce, bien que certaines de ces marques ne communiquent guère (avez-vous déjà vu une publicité de Gazela ou de Gato Negro en France?); c’est donc ailleurs que cela se passe – dans le rayon, et sur le tarif.

La preuve est apportée qu’il est possible, par le biais des référencements et des promotions, de changer les habitudes des buveurs français, et de les inciter à découvrir d’autres vins que ceux de l’Hexagone. Même si, pour l’instant, il s’agit plus de produits de marketing que de vrais chantres de l’identité du terroir…

Mais tous les vins français présents en distribution sont-ils eux mêmes des fleurons de leurs terroirs? Bien sûr que non!

 

Les dix premières marques de vin étrangers en grandes surfaces françaises et leur évolution en % sur un an (2016

 

Boulaouane (Castel – Maroc) 1 275 000 cols -6,00 %

Sidi Brahim (Castel – Tunisie) 1 075 000 cols -5,00 %

Gato Negro (GCF – Chili) 525 000 cols +4,00 %

Mateus (GCF – Portugal) 490 000 cols +24,00 %

Casal Garcia (Portugal des Saveurs – Portugal) 330 000 cols +2,00 %

Casillero del Diablo (Rothschild – Chili) 310 000 cols +11,00 %

Gatão (Agriberia – Portugal) 300 000 cols +25,00 %

Piccini (GCF – Italie) 280 000 cols +16,00 %

Gazela (GCF – Portugal) 250 000 cols +20,00 %

Gallo (GCF – Californie) 240 000 cols -21,00 %

Symington, ce n’est pas que du Porto…

La plupart des grandes marques de Porto ont toujours fait du vin (je parle de vin non muté), ne serait-ce que pour la consommation familiale ou celle de leurs viticulteurs.
Depuis quelques années, cependant, ils sont passés à la vitesse supérieure – ils visent le grand public international; on connaît les beaux résultats obtenus par Dirk Niepoort, dans ce domaine. Mais quid de Symington ?

A côté de ses marques Graham, Dow, Cockburn ou encore Warre, le groupe s’est lancé sous son propre nom (Symington Family Estates) dans la production de Douro (rouges et blancs), notamment à l’attention des jeunes. Pour cette gamme, baptisée Altano, les parcelles sont sélectionnées et vendangées environ une semaine avant celles des Portos. Les raisins sont vinifiés à la Quinta do Sol, puis élevés pour tout ou partie en barriques françaises et américaines.

De cette gamme de 4 vins, j’en ai sélectionné deux, l’Altano Branco 2016 et le Tinto 2014.

La suite sur le site d’IVV…

Four glasses of Port

Extraite d’une nouvelle de Somerset Maugham, cette ode au Porto, que je ne résiste pas à vous servir dans sa version originale:

« You may look upon a bottle of port in two ways,’ he said; ‘you may take it as a symbol of a happy life or as a method of thought…. There are four glasses in a bottle. The first glass is full of expectation; you enter life with mingled feelings; you cannot tell whether it will be good or no. The second glass has the full savour of the grape; it is youth with vine-leaves in its hair and the passion of young blood. The third glass is void of emotion; it is grave and calm, like middle age; drink it slowly, you are in full possession of yourself, and it will not come again. The fourth glass has the sadness of death and the bitter sweetness of retrospect.’

 

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W. S. Maugham, « The Choice of Amyntas » (1899).