Un Saint-Amour de Mommessin, meilleur gamay du monde au Concours International du Gamay

Samedi dernier, à Lyon, les 160 jurés du Concours International du Gamay ont désigné le « Meilleur Gamay du Monde ». Il s’agit du Saint-Amour 2018 « Les Grandes Mises » de la Maison Mommessin.

Plus de 800 Gamays de 4 pays (France, Suisse, Italie et Royaume-Uni) étaient en lice pour ce concours dont il s’agissait de la 10ème édition.

Ce Saint-Amour succède au Morgon du Domaine Franck Chavy primé en 2019.

 

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Le quiz de la semaine, avec Dal Maso

Sur cette photo, saurez-vous identifier le Vin Santo des deux Recioti?

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Sachant que tous les trois sont signé Dal Maso, un excellent producteur de Vénétie, et plus particulièrement des Colli Berici et de Gambellara.

A  noter également, chez Dal Maso, une méthode traditionnelle d’élevage long, le Durello Lessini, qui vous fera oublier tout de que vous croyiez savoir sur les bulles vénitiennes.

PS. Un peu d’acidité volatile aurait pu vous aider, je suppose, mais je n’ai pas trouvé le moyen de la mettre en ligne…

Hervé Lalau

Prosecco, 10 ans après

On pensait la querelle sur l’emploi du nom de Prosecco définitivement tranchée. On avait tort.

Si ce nom était au départ celui d’un cépage, il y a dix ans, les Italiens l’ont rebaptisé glera (un de ses synonymes locaux), réservant le nom de Prosecco à l’appellation, et donc à la production italienne.

Mais comme le souligne In Vino Veritas, cette semaine, hors d’Europe, il y a des réticences.

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Six appellations italiennes s’unissent pour la promotion de leurs rosés

Sous le nom de Rosautoctono, 6 appellations italiennes ont créé une structure commune pour la promotion de leurs rosés – il s’agit du Ciro (Calabre), du Salice Salentino (Pouilles), du Castel del Monte (Pouilles également), du Cerasuolo (Abruzzes), du Bardolino Chiaretto (Vénétie) et du Chiaretto Valtènesi (Lombardie).

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Leur objectif: développer la part de marché du rosé en Italie (où elle ne représente que 10% des ventes) et hors d’Italie.

Et ce, sous toutes ses teintes, plus ou moins pâles. D’où le nom complet du groupement: Instituto del Vino Rosa. Rosa, et non « rosato »; car le rosato (notre rosé, selon la traduction littérale) n’est qu’une des nuances que les Italiens attribuent à la couleur rosée; ils en distinguent en effet le chiaretto (très pâle) et le cerasuolo (notre clairet, plus ou moins). 

Personnellement, j’ai toujours trouvé étrange le faible impact de l’Italie en matière de rosé, alors que bon nombre de régions du bassin méditerranéen et assimilés s’en sont fait une spécialité (Provence, Languedoc, Espagne, Portigla, Maroc, Tunisie…).

Et ce d’autant que mon récent voyage à Bardolino m’a permis de constater que les Italiens maîtrisaient très bien la couleur tendre.

Hervé Lalau

Le rosé, ce n’est pas que la France!

Sous la plume de Rachelle Lemoine, Le Parisien vient de faire paraître une alléchante sélection de vins d’été à petits prix, et notamment de rosés.

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Malheureusement, le quotidien de la ville la plus cosmopolite de France… a oublié les vins étrangers.

Je me permets donc de compléter cette sélection avec quelques suggestions de mon cru, toujours parmi les vins les plus accessibles…

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Pour l’Italie, le Chiaretto de Guerrieri Rizzardi

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Pour l’Espagne, le rosé de Navarre de Gran Feudo

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Pour le Liban, le Sunset de Château Ksara

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Pour la Tunisie, le Désir Rosé de Shadrapa

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Pour le Maroc, un gris de Boulaouane

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Pour le Portugal, ce rosé du Douro de Quinta Nova (non, pas Mateus)…

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Pour l’Algérie, la Fleur d’Aboukir des Grands Crus de L’Ouest Algérien

Vous pouvez compléter vous-mêmes, si vous avez eu l’occasion de déguster des vins de cette tendre couleur au cours de vos voyages à l’étranger, ou bien au restaurant.

Pour moi, c’est un peu de la déformation professionnelle. Primo, je suis juré au Concours Mondial du Rosé, à Cannes. Secundo, je suis pour la libre circulation des vins. Nous autres Français vendons assez de rosés par delà nos frontières pour avoir le droit (et l’envie) de goûter ceux de nos voisins, c’est-ce pas?

D’autant que la palette est large…

Hervé Lalau

 

 

 

Frantalia, ma contribution

A l’occasion des festivités réunissant les deux présidents français et italiens pour célébrer l’anniversaire de la mort de Léonard de Vinci, un comité de personnalités a publié une lettre ouverte appelant à un rapprochement des deux soeurs latines, sous le nom de Frantalia.

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Comme j’adore l’Italie (je suis d’ailleurs en deuxième année de cours d’italien, et ce n’est pas une sinécure), et comme je n’ai aucune compétence pour juger du bien fondé des différentes accusations qui ont mené au refroidissement des relations entre Rome et Paris, j’ai envie d’ajouter une proposition personnelle plus en rapport avec ma spécialité.

Je demande solennellement que les pouvoirs publics des deux pays encouragent leurs distributeurs et restaurateurs respectifs à mettre en avant les vins de l’autre pays.

J’en ai marre de ne trouver en France que des Proseccos tout juste bons pour le Spritz et des Chiantis de pizzeria bas-de-gamme.

Et je suis sûr que mes alter ego italiens verraient d’un très bon oeil l’arrivée de plus de beaux vins français dans les établissements de la Botte.

Hervé Lalau

Le prosecco et l’environnement: peut mieux faire

L’explosion des ventes du mousseux italien s’est traduite par une forte augmentation des plantations et par une pression accrue sur l’environnement (augmentation de l’emploi de pesticides, dégradation des sols, érosion des terres, baisse de la diversité de la faune et de la flore), comme le fait remarquer ma consoeur Céline Deluzarche, dans Futura Planète.

Des solutions pourraient être apportés à la plupart de ces problèmes, mais la rentabilité immédiate semble avoir été la préoccupation première. Attention à ne pas tuer la bulle… pardon, la poule aux oeufs d’or: la clientèle (plutôt jeune) des consommateurs de Prosecco est plutôt plus conscientisée que la moyenne en matière d’environnement.

Un « bad buzz » au sujet de leur fizz préféré pourrait les en détourner.

Notons cependant que d’autres régions de production d’effervescents sont concernées, au premier rang desquelles notre Champagne, en ce qui concerne l’usage d’engrais et de pesticides, notamment.

C’est à une prise de conscience collective et générale qu’il faut appeler dans ces régions, sous peine de voir certains consommateurs abandonner le produit.

Hervé Lalau

 

Et si l’on parlait des trains qui arrivent à l’heure?

Je suis convaincu que la préservation des terroirs, au sens où je les entends (sols + climat + traditions et méthodes culturales) est une bonne chose. La conception qui a présidé à la fondation des appellations allait dans ce sens. Elle a malheureusement été dévoyée, voyez-vous.

Plutôt que de donner à nouveau des exemples de déviances, de mentions vides de sens, d’amalgames qui sont pour moi autant de tromperies sur la marchandise, j’ai envie de penser positif, de parler de ce qui va bien. Des trains qui arrivent à l’heure, parfois… Nous sommes encore en janvier. N’est-ce pas toujours l’heure des bonnes résolutions?

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Quand l’origine est vraiment dans la bouteille

Une des plus belles dégustations auxquelles il m’a été donné de participer, ces dernières années, a été celle de Côte-Rôtie organisée chez In Vino Veritas. Deux maîtres mots: homogénéité dans la qualité. Cela ne voulait pas dire que tous les vins étaient pareils. Une bonne cohésion de l’AOC n’empêche pas chaque producteur d’apporter sa « patte » de vigneron.

Dans un même ordre d’idées, mais hors de l’Hexagone, je pense à la dégustation des Fiano d’Avellino organisée sur place. Là encore, tous les vins ne se ressemblaient pas (surtout que l’effet millésime jouait à plein), mais il y avait un gros fil rouge – ou blanc, en l’occurrence. Un cépage exprimant un terroir, ou vice versa – et le tout, interprété par des vignerons. Un peu comme des musiciens donnent vie à leurs instruments, eux-même mis au service d’une oeuvre, d’une partition qui date parfois de plusieurs siècles…

Toujours dans l’esprit des ces appellations qui en sont vraiment, ou qui le redeviennent, j’ai envie de citer Les Baux-de-Provence, Patrimonio, La Livinière, Les Terrasses-du-Larzac, Fitou et Bourgueil. Et puis Cahors, qui revient de tellement loin. J’en oublie, bien sûr, mais ce sont celles qui me viennent à l’esprit aujourd’hui.

Yes, they can!

Autant d’îles de typicité (même si je n’aime guère le mot, mis à toutes les sauces) dans un océan de médiocrité et de compromissions? Peut-être, je n’aime pas généraliser, car il y a de bonnes volontés un peu partout. Surtout, j’ai envie de commencer l’année sur une note d’espoir. C’est mon côté enfant de choeur.

Si ces appellations-là sont capables de le faire – je veux dire, de mettre de l’ordre dans LEUR  maison, de fédérer sans diluer, de rassembler sans édulcorer, alors d’autres le peuvent.

S’il est juste de dénoncer les abus (y compris les abus de langage), il est juste aussi de reconnaître que certains ne font pas qu’utiliser leur petit coin de vignes, son nom, son histoire, sa réputation, à des fins marketing ou commerciales, mais qu’ils le mettent vraiment en valeur.

C’est souvent d’abord une aventure humaine. Une poignée de battants qui se groupent pour faire respecter leur patrimoine commun. Se battent contre les moulins sataniques de la course au volume et au rendement, de la consommation de masse, du moins disant viticole.

J’avais envie de leur rendre hommage et aussi de leur dire: vous n’êtes pas seuls. Votre combat est juste, n’en changez pas; et comme journaliste, épris de vérité, épris de la réalité derrière les mots, vous aurez toujours en moi un allié.

Hervé Lalau

Derniers vins de l’année

Ce soir, pour finir l’année en beauté, je vais terminer le magnum de Fiano di Avellino Brancato de Cavalier Pepe entamé le jour de Noël – conservé au frais, il a gardé tout son punch et même, peut-être, gagné en opulence.

Et puis, sur la biche, je vais servir un Hermitage 2015 de Paul Jaboulet Aîné – La Maison Bleue. Peuplée de fous, peut-être, comme disait Maxime. Mais des fous de Syrah, alors!
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Ensuite, j’hésite encore entre un Passito di Pantelleria NES de chez Pellegrino et un Porto Graham de 30 ans – que je servirai, dans un cas comme dans l’autre, non sur la bûche, mais seul, histoire de méditer sur l’année qui s’achève, au plan personnel et au plan plus global. A moins que je ne décide de déguster les deux.
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Pour cette fois, je ne vous gaverai pas de commentaires ni de propositions d’accords.
D’abord, je suppose que votre choix est déjà arrêté.
Et puis, les fêtes, ce n’est pas fait pour se prendre la tête!
Dans tous les cas de figure, je vous conseille et je vous souhaite de boire les vins qui vous font particulièrement envie; que vous les ayez amoureusement gardés en cave, ou que vous veniez de les acheter. Ou encore, des vins qui vous rappellent de bons souvenirs.
Même si l’accord gourmand n’est pas parfait, ils s’assortiront au moins avec votre bonne humeur.
En attendant, mes meilleurs voeux de belles bouteilles en 2019!

Hervé Lalau

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Le vin, façon Yellow Tail

L’antenne britannique de Discovery Channel nous en apprend plus sur les méthodes de vinification chez Casella, la maison australienne qui produit les vins à la marque Yellow Tail (y compris du « Prosecco » australien, sans doute un hommage aux racines italiennes des Casella).

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On notera au passage les tonnages hallucinants de raisins traités…

Parce que le vin, ce n’est pas que de l’artisanat…

C’est ICI

Hervé Lalau0000013f3-yellow_tail