What’s in a Grand Cru?

Nos amis étrangers sont parfois un peu perdus quand ils doivent employer des termes   et des concepts très français.

On savait déjà que le mot terroir leur posait problème. Notez qu’à nous aussi, souvent.

Mais voici que nos confrères de Drinks Business, décrivant une des dernières cuvées de Gérard Bertrand, nous parlent de « Languedoc Grand Cru Rosé ».

Grand Cru

Sans doute faut-il leur rappeler que le mot Grand Cru est très encadré en France, et qu’il n’y en a (malheureusement) pas encore en Languedoc.

A Bordeaux, en Bourgogne, en Alsace, en Quarts-de-Chaume, à Banyuls, oui (même si c’est avec des acceptions très variées); mais pas en Languedoc.

Maintenant, si Drinks Business veut le proposer à l’INAO, je suppose que le CIVL appuiera la demande ;-).

Hervé Lalau

Green Bond

Naguère macho et sûr de lui, James Bond est devenu au fils du temps de plus en plus respectueux des femmes, et n’hésite plus à montrer ses fêlures. Pas sûr que Ian Fleming aurait cautionné ces changements qui fleurent bon l’opportunisme, mais ce n’est plus lui qui touche les royalties.

En attendant que Bond devienne noir, ou homosexuel (ce sont là des pistes qui ont été sérieusement envisagées), le prochain opus de la série devrait mettre l’accent sur l’écologie.

A ce propos, la BBC évoque plusieurs possibilités:

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Mais je trouve qu’il en manque; voici donc mes trois propositions

  • James Bond n’utilisera plus que des balles vertes
  • James Bond remplacera définitivement le Martini – shaken, not stirred –  par l’Izarra
  • James Bond sera filmé en train de vider ses bouteilles dans la bulle à verre.

 

Hervé Lalau liqueur-izarra-verte

Story-telling

 

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Le conditionnement de ce cidre du Herefordshire dégusté à Londres, vendredi dernier, me semble intéressant à deux titres.

Voleurs de pommes

D’abord, parce qu’il raconte une petite histoire – l’histoire qui donne un sens à la marque – celle des renards voleurs de pommes, alias Orchard Thieves

Quelques lignes suffisent parfois pour brosser tout un tableau, cerner tout un imaginaire qui donne un contenu à une marque. Nos pommes sont si bonnes que même les renards nous les volent, alors ont doit se dépêcher de las ramasser pour vous en faire profiter…
La preuve que le « story-telling », pour reprendre l’expression anglaise souvent utilisée, même en France, dans l’oenotourisme, peut aussi se pratiquer sur une simple étiquette.
Curieusement, il semble que le concept des voleurs de pommes soit né bien loin de la verte Angleterre: en Nouvelle-Zélande, pour être précis, et sous le nom d’Apple Fox; il a aussi été développé aux Pays-Bas sous celui d’Apple Bandit (toutes ces marques étant la propriété du groupe Heineken). Raison de plus pour s’efforcer de créer du contenu.
Si un grand groupe parvient ainsi à susciter l’adhésion par une belle anecdote, même très romancée, imaginez ce que pourrait faire un producteur de vin qui aurait une vraie histoire à raconter.

« For freshness »

Et puis, il y a cette mention: «contains sulphites for freshness». Ou comment faire d’une obligation légale (la mention du sulfite) un atout : si on en met, c’est pour la fraîcheur.  Plutôt que de subir, on s’approprie le message sanitaire. Il suffisait d’y penser.
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Hervé Lalau

109 years of Dry January

Jack Daniels rappelle aux usagers du métro londonien que le régime sec s’applique tous les jours, tous les mois, tous les ans depuis 109 ans dans le comté où se trouve sa distillerie.

Cela s’appelle de l’hypocrisie. Cachez cet alcool que je ne saurais voir. Mais produisez-le, et vendez- le quand même ailleurs, car ça crée de l’emploi et ça rapporte des taxes…

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Hervé Lalau

Les exportateurs de vins & spiritueux français s’inquiètent pour l’après Brexit

Dans la RVF et Terre de Vins, dans les mêmes termes, l’AFP évoque les craintes des exportateurs français face au Brexit et l’incertitude qu’il fait régner sur les relations commerciales avec le Royaume-Uni, gros client de la France.

https://www.larvf.com/le-brexit-alarme-les-exportateurs-de-vins-et-spiritueux-francais,4607438.asp

http://www.terredevins.com/actualites/brexit-les-exportateurs-de-vins-et-spiritueux-francais-salarment/

Notez que ça pourrait être pire: le premier ministre de Grande-Bretagne pourrait s’appeler Mme Buzyn.

Hervé Lalau

International, mais pas trop..

Je reçois le communiqué annonçant la liste des finalistes du Prix Louis Roederer.

« Last night, in the stunningly refurbished Royal Academy Collections Gallery the winners of the 14th Annual Louis Roederer International Wine Writers’ Awards (LRIWWA) were announced to a room crowded with international press and trade personalities.

With a glass of Louis Roederer Brut Premier en Magnum to hand, the guests were warmly welcomed by Richard Billett, MD of Maisons Marques et Domaines who took the opportunity to thank the sponsors for helping make the awards possible, the judges for their time, skill and patience, and of course to wish the shortlisters the very best of luck.  The inimitable chairman of the judges, Charles Metcalfe echoed these sentiments emphasising that “everyone was shortlisted because of their exceptional achievements”, with entries that were “beautifully crafted”, “pithy”, “insightful” and “challenging”.

Et comme à chaque fois, il me faut pousser une saine gueulante: comment ce prix réservé aux seuls anglophones peut-il s’autoproclamer « international »?

Nous autres Français sommes souvent chauvins, et parfois ignorants de ce qui se passe hors de nos frontières. Mais nos amis anglo-saxons ne valent guère mieux que nous s’ils pensent qu’ils représentent le monde entier.

Quid de la presse du vin en langue espagnole, portugaise, italienne, néerlandaise, danoise, suédoise, grecque, finlandaise, polonaise, tchèque, russe, hongroise, chinoise et même, soyons fous, de la presse française?

Le plus drôle, c’est que le prix soit remis par une marque… française!

Hervé Lalau

Vu d’Ecosse

Impressionnante, la variété des vins proposés sur la carte du Rocpool, un restaurant du Nord de l’Ecosse, qui, malgré sa situation plutôt excentrée, fait la part belle aux vins du Sud de l’Europe – Galice, Andalousie, Pouilles, Santorin…

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Et si le vin était un des plus beaux liens entre les différentes régions d’Europe, voire du monde?

Après tout, l’ambassadeur d’Espagne, ou d’Italie, ou de Grèce ne passe pas tous les jours à Inverness. Mais par la magie du vin, les Highlands sont mieux connectés au monde par la wifi…

La démonstration ICI, par notre ami des 5 du Vin, Jim Budd…

Hervé Lalau

L’oeuf de Google

Il y avait l’oeuf de Colomb, il y a maintenant l’oeuf de Google.

Celui que Google  a retiré de son émoticon « salade », pour ne pas froisser les vegans.

Vegan Salad

Il paraît que c’est par souci d’ « inclusion » et pour favoriser la diversité.

Drôle de diversité que celle qui ramène au plus petit dénominateur tous les consommateurs potentiels d’un produit – et qui en exclut la majorité.

Si jamais demain il se trouve une secte pour réprouver la consommation de produits d’origine végétale, au titre du respect de Mère Nature, qui crie quand on arrache un plant de salade, que restera-t-il dans le bol de Google?

Nous avions déjà la secte des hygiénistes anti-vins, avions-nous besoin de celle des anti-oeufs? Et surtout, devons-nous accepter qu’une organisation comme Google, qui prétend offrir des services à tout le monde, cautionne implicitement leurs choix de consommation?

Plagions le Révérend Niemöller:

«Quand ils ont dénoncé les mangeurs de grenouilles, je n’ai rien dit, je ne mange pas de grenouilles.

Quand ils ont dénoncé les restaurateurs qui proposent du foie gras, je n’ai rien dit, je ne suis pas restaurateur.

Quand ils ont dénoncé ceux qui tuent les animaux pour qu’on les mange, je n’ai rien dit, je ne suis pas boucher.

Quand ils ont dénoncé ceux qui collent le vin avec des protéines animales, je n’ai rien dit, je ne suis pas vigneron.

Quand ils ont dénoncé ceux qui boivent du vin, je n’ai rien dit, j’ai continué à boire, mais plus discrètement, et toujours avec modération.

Puis ils ont enlevé les oeufs des salades, Et il ne restait plus personne pour dire grand chose.»

Le plus pathétique, dans l’histoire, à mon sens, ce ne sont pas les habitudes des vegans, qui ont bien le droit de manger ce qu’ils veulent, pourvu qu’ils n’exigent rien des autres; mais la complicité passive de Google, qui se moque de la majorité silencieuse.

Google n’en est pas à sa première incursion dans le monde des bisounours de la consommation correcte; ainsi, l’an dernier, le site de recherches internet a dû modifier l’émoticon « bière », car croyant bien faire en ne remplissant le verre qu’à moitié (modération oblige), Google avait laissé de la mousse au déborder du verre.

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Quand le politiquement correct défie la physique, les bornes n’ont plus de limites..

Hervé Lalau