Pour en revenir au Beaujolais Nouveau…

Il s’est vendu l’an dernier quelque 20 millions de bouteilles de Beaujolais Nouveau dans le Monde. En quelques jours.

A lire bon nombre de journaux, qu’ils soient grand public ou spécialisés, cependant, on croirait qu’il y a 20 millions de masochistes qui se déchirent les boyaux avec de l’acide tartrique, du sucre de betterave et des levures industrielles, qui se niquent les papilles avec de l’arôme plus ou moins chimique de banane ou de fraise tagada.

Faut-il avoir l’esprit snob pour ainsi déblatérer sur un produit qui fait plaisir à tant de gens !

IMG_2100

Faut-il être blasé, pour écraser ainsi de son mépris toute une région, en bloc; tout une catégorie de viticulteurs qui ne sont pas pires que leurs collègues des autres régions, et en plus, pratiquent des prix démocratiques…

Faut-il avoir envie de ramener sa science, pour accabler des vins qu’on n’a même pas encore bus, pour dire d’avance qu’on ne va pas aimer, et pire, qu’on ne doit pas aimer…

Il y a eu des fraudeurs en Beaujolais, personne ne le nie (ils n’avaient pas le monopole des fraudes, d’ailleurs). Des gens qui chaptalisaient à outrance, des gens qui utilisaient à outrance des levures sélectionnées pour « révéler le potentiel aromatique », des gens qui truquaient les vins. Et il y a eu de mauvais vins.

Mais c’était il y a 15-20 ans, pour l’essentiel. Du temps du Mexicain, ou presque, pour parler comme Audiard. Tout ça, on l’a écrit. Je l’ai écrit. Mais j’ai continué à déguster. Et je me suis rendu compte que le Beaujolais Nouveau redevenait fréquentable. J’ai participé l’an dernier au Trophée des Beaujolais Nouveaux, avec les Œnologues de France, et j’ai ouvert les yeux, la gorge, les papilles: c’était vraiment bon, dites !

D’aucuns, malheureusement, en sont restés aux mauvaises années, celles où tout se vendait trop facilement – des mauvaises années, où malgré tout, on trouvait encore de bons vins. Parce que partout, de Reims à Collioure et de Jerez à Montalcino, en passant par la Chapelle de Guinchay, il y a toujours eu du bon et du moins bon, il y a toujours eu de bons vignerons et de moins bons; même que c’est le problème de l’AOC, que de regrouper des gens qui aiment le vin et d’autres qui en fourguent, des gens qui n’ont rien à se dire et ne voudraient peut-être même pas manger un bout de saucisson ensemble.

Alors, j’en ai ma claque de lire des commentaires convenus sur le Beaujolais Nouveau. Voilà maintenant qu’on dit qu’il empêcherait les crus de se faire connaître. Quelle erreur !

Une région, ça se construit sur une base. Et cette base, c’est son AOC la plus large et la plus communément vendue. A Villefranche, à Bordeaux, à Beaune, à Colmar, partout. Vouloir séparer cette base et le haut de la pyramide, c’est un mauvais calcul. D’autant que tout n’est pas bon dans les crus, loin de là. Le Beaujolais doit croire en son Nouveau, le chouchouter, le vanter, parce que c’est sa carte de visite. Miser sur les nouvelles générations aussi, qui se moquent bien des années 90. Imagine-t-on que nos confrères autrichiens ne parlent encore que du scandale du glycol ?

Et puis surtout, j’en ai marre de voir se creuser le fossé entre la masse des buveurs honnêtes et de prétendus experts, qui ne sont parfois que des perroquets allant répétant les poncifs vieux de plusieurs générations.

Même si cela doit me valoir quelques inimitiés, j’avais envie de le dire. Et je lève mon verre de la cuvée « Bistrot » – la bien nommée – de la Cave de Bel Air, à la santé des pisse-vinaigres.

La jolie structure et le côté guilleret de ce gamay m’ont donné plus de joie que ne me donneront jamais la lecture d’un communiqué sur le montant de la vente des Hospices de Beaune, ou des notes grandiloquentes des Primeurs de Bordeaux.

Au passage, j’adresse mes amitiés à tous ceux qui aiment AUSSI boire simple et fruité, sans se prendre la tête. Parce que c’est AUSSI ça, le vin, non ?

Hervé Lalau

Accord UE-Chine: les IGP ne sont pas des AOP

Petit rappel utile, suite aux articles parus sur l’accord entre l’Union européenne et la Chine sur la protection des labels: il y a trois catégories d’indications de provenance en Europe; les Appellations d’Origine Protégées (liées à un terroir, leur cahier des charges exigeant que toutes les phases de l’élaboration du produit se passent dans l’aire d’appellation délimitée), les Indications Géographiques Protégées (liées à un savoir faire et à un territoire, sans que toutes les étapes du processus de fabrication ne doivent forcément avir lieu dans la zone délimitée) et les Spécialités Traditionnelles Garanties, qui protègent une méthode de fabrication.

par défaut 2019-11-07 à 09.22.47

Source: réseau d’information de l’UE

 

Le Champagne, le Bordeaux, le Comté, la Feta et le Porto (cités dans la dépêche ci-dessous) sont des AOP, pas des IGP.

par défaut 2019-11-07 à 09.06.59.jpg

Source: AFP

Hervé Lalau

Quand Chasselas rime avec Canossa

Je le confesse, j’ai médit naguère du chasselas. Du chasselas suisse, en particulier. Car c’est là son grand fief, si l’on excepte quelques vignobles en pays de Bade, en Hongrie, en Alsace (où il est rarement vinifié seul), sur la rive savoyarde du Léman (Crépy, Ripaille…) et un peu à Pouilly, où il n’est guère de taille à lutter avec le très international (et très aromatique) sauvignon.

Si j’ai médit de lui, c’est justement parce que je lui reprochais son manque d’expression. Sa neutralité si suisse. J’ai toujours en mémoire une verticale d’anthologie, de 20 ans d’un Premier Grand Cru de chasselas vaudois, où mes pauvres papilles étaient restées en berne (capitale fédérale). J’ai même ironisé en cette occasion sur les aptitudes innées de mes voisins de table – Vaudois, pour la plupart – qui parvenaient à trouver dans les mêmes vins que moi des arômes invraisemblables.

Dieu que je me repends!

Vignoble de Calamin

D’abord, parce que quelques années plus tard, j’ai rencontré à Lavaux des chasselas tout à fait édifiants. Purs, ciselés, tranchants comme la grande lame d’un couteau suisse. Sans oublier leurs voisins valaisans, les fendants, dont les meilleurs tirent de leur terroir et de leur soleil une profondeur insoupçonné. Notez qu’ils sont aussi différents que peut l’être un Chablis d’un Mâcon. Le cépage n’étant qu’un des nombreux paramètres de l’équation du vin.

Et puis, parce je suis sans cesse harcelé par des ambassadeurs quasi-officiels de la Chasselasie, comme mon ami Yves Paquier. Je le croise à Québec, il me parle de chasselas. Il me raille, il me tarabuste. Je le rencontre à Montpellier, il me donne une bouteille. Et je ne vous parle pas de mes passages en Suisse, où la beauté naturelle des sites de chasselas vient renforcer son discours. D’autant que là, se joignent à Yves Alexandre Truffer (devenu récemment président de l’Association pour la Promotion du Chasselas) et Claude-Alain Mayor (secrétaire général de la dite association).

Alors, je finis par craquer. Je viens à Canossa, ou plutôt, à Aigle. Je m’inscris au Mondial du Chasselas, le concours annuel organisé en Suisse autour de ce cépage si lémanique.

par défaut 2019-10-19 à 11.01.05

Et vous savez quoi? Je change d’avis, du tout au tout. Je découvre la subtilité dont l’ami Marc vous a parlé hier, et qu’il a si joliment illustré avec ses accords de lundi.

J’en suis maintenant à ma cinquième participation au concours, je crois – ce qui devrait me donner droit à une médaille en chocolat (suisse, bien sûr). Marc doit en être à une ou deux de plus.

Ces participations nous donnent la chance de rester en contact avec les vignerons et leurs vins, et inévitablement, l’idée a jailli dans nos esprits adéquatement imprégnés de chasselas de faire venir ces vins à Bruxelles; comme cela s’était déjà fait à Paris, mais avec un modèle adapté à la gourmande Belgique. Ceci, pour vous expliquer la genèse du déjeuner de lundi dernier, dont Marc et moi vous avons déjà abondamment parlé.

J’ai pensé que l’histoire de ma « conversion » pouvait utilement compléter le tableau. Car au delà du chasselas, plus globalement, je pense qu’il faut toujours se remettre en cause  – le vin bouge, les millésimes ne se ressemblent pas, les styles évoluent, nous évoluons aussi; il faut pouvoir suivre, nos reportages ne sont que des instantanés d’un paysage mouvant. Il faut goûter, regoûter, regoûter encore, sans jamais se braquer.  Cela ne veut pas dire qu’on doit tout aimer. Mais on doit toujours essayer d’aller plus loin, au-delà des évidences, des premières impressions.

Il y a des métiers plus ingrats. Il y a de bons moments (ce qui n’est pas encore taxé); et en plus, c’est formateur, dans plein de domaines.

Hervé LalauIMG_0664.jpeg

En léger différé de l’opération « Les Chasselas à Bruxelles! »

Voici quelques photos prises sur le vif, avant-hier, à Bruxelles, capitale mondiale du Chasselas (pour quelques heures).

Primo, pour donner aux professionnels et aux journalistes gastronomiques belges le regret de ne pas avoir assisté à l’opération Les Chasselas à Bruxelles!, concoctée par l’ami Marc Vanhellemont, l’agence Azerty et votre serviteur, en collaboration avec l’Association pour la Promotion du Chasselas, le chef Rocky Renaud, du restaurant Le Passage, et l’affineur Jacquy Cange.

IMG_1467.jpeg

Le verre de bienvenue à l’accueil du Passage (un La Côte du Clos des Abbesses).

Secundo, et surtout (parce qu’on n’est pas sadiques, quand même!), pour montrer la bonne ambiance que génèrent les vins de ce cépage créateur de convivialité, et qui se prête à tellement d’accords gastronomiques, et pas seulement avec la cuisine des régions où il est produit.

IMG_1469.jpeg

Du beau monde au Passage

J’en veux pour preuve les mariages vins fromages aussi heureux que variés proposés par Marc et Jacquy: avec un Chabichou, un L’Estivaz, un bleu de suisse alémanique et une Tomme de Brebis du Tarn (je pense que Marc vous les détaillera mieux que moi, mais un grand bravo à tous les deux, dont les accords ont caressé ou ébouriffé nos papilles reconnaissantes)…

IMG_1475.jpeg

Les fromages amoureusement sélectionnés par Marc et Jacquy pour l’occasion

Et puis, les mariages gourmands, à table, que le même Marc et Rocky Renaud nous ont concocté, avec une belle précision. Sur chaque plat, deux vins étaient proposés qui jouaient, parfois, la complicité et parfois le contraste – avec de l’omble chevalier, avec du veau aux morilles, avec des quenelles, avec une tarte aux pommes… et l’audace a payé.

IMG_1479.jpeg

Un de mes coups de coeur: Les Dames de Hautecour (Mont-sur-Rolle)

IMG_1482.jpeg

Et sa productrice, Coraline de Wurstemberger, une grande dame du vin (qui ne boit pas que de la Bru).

La démonstration était faite, pour la cinquantaine de convives, que le Chasselas, Fendant, Lausannois ou Gutedel, appelez-le par le prénom que vous voulez, n’est pas qu’un faire valoir pour les crackers de l’apéro ou pour la sempiternelle raclette de retour des sports d’hiver.

D’abord, il faut le mettre au pluriel, parler DES Chasselas, des jeunes, des vieux, des non filtrés, des reposés, des perlants, des passerillés, des Vaudois, des Valaisans, des Neuchâtelois, des Badois, des Alsaciens, des Ligériens, des Savoyards… Car il faut bien mettre en avant la capacité des Chasselas à révéler leur coin de terroir.

IMG_1478.jpeg

L’omble chevalier fut un excellent compagnon pour les deux Chasselas sélectionnés

IMG_1484.jpeg

Et non, il n’y a pas que le Vin Jaune qui convienne aux morilles…

Ensuite, il faut que la restauration (belge, française, asiatique, universelle…) se rende compte qu’elle a en eux des alliés de premier choix: aucun plat servi au Passage n’a écrasé le vin, aucun vin n’a écrasé le plat.

rocky-renaud_1.jpg

Le chef Rocky Renaud (Le Passage, Uccle) aux manettes

Après ces agapes excitantes, mais pas fatigantes (le Chasselas est rarement alcooleux), pas moins de 62 cuvées primées lors du dernier Mondial du Chasselas étaient proposées à la dégustation; les aficionados ont pu s’en donner à coeur joie. Et découvrir, notamment, avec certaines cuvées remontant aux années 1990, tout le potentiel de vieillissement du cépage.

Quand je vous disais que les absents ont toujours tort…

IMG_1486.jpeg

Le vigneron du Dézaley Patrick Fonjallaz avait fait le déplacement à Bruxelles – et ne semble pas le regretter!

Mais rien ne vous empêche, à présent, d’essayer par vous même de marier Chasselas et bonne chère. Il n’est pas toujours facile de trouver les Chasselas suisses hors des frontières helvétiques, mais après tout, ce n’est pas si loin, on peut aussi aller acheter sur place, et profiter des beautés visuelles et gastronomiques de l’Arc lémanique. Sinon, il y a aussi le Pouilly-sur-Loire (de plus en plus rare), les Chasselas de Haute Savoie (Ripaille, Crépy…) et le Gutedel alsacien (rarement vinifié seul, hélas). Sans oublier, juste en face, les Chasselas de Baden.

L’ami Marc vous en dira plus sous peu, quand il aura terminé de ranger…

Quant à moi, je suis fier d’avoir pu apporter ma petite pierre (à fusil) à cet événement.

Hervé Lalau

 

Prosecco, 10 ans après

On pensait la querelle sur l’emploi du nom de Prosecco définitivement tranchée. On avait tort.

Si ce nom était au départ celui d’un cépage, il y a dix ans, les Italiens l’ont rebaptisé glera (un de ses synonymes locaux), réservant le nom de Prosecco à l’appellation, et donc à la production italienne.

Mais comme le souligne In Vino Veritas, cette semaine, hors d’Europe, il y a des réticences.

La suite ICI

What’s in a Grand Cru?

Nos amis étrangers sont parfois un peu perdus quand ils doivent employer des termes   et des concepts très français.

On savait déjà que le mot terroir leur posait problème. Notez qu’à nous aussi, souvent.

Mais voici que nos confrères de Drinks Business, décrivant une des dernières cuvées de Gérard Bertrand, nous parlent de « Languedoc Grand Cru Rosé ».

Grand Cru

Sans doute faut-il leur rappeler que le mot Grand Cru est très encadré en France, et qu’il n’y en a (malheureusement) pas encore en Languedoc.

A Bordeaux, en Bourgogne, en Alsace, en Quarts-de-Chaume, à Banyuls, oui (même si c’est avec des acceptions très variées); mais pas en Languedoc.

Maintenant, si Drinks Business veut le proposer à l’INAO, je suppose que le CIVL appuiera la demande ;-).

Hervé Lalau

Le rosé, ce n’est pas que la France!

Sous la plume de Rachelle Lemoine, Le Parisien vient de faire paraître une alléchante sélection de vins d’été à petits prix, et notamment de rosés.

par défaut 2019-06-13 à 13.21.00.jpg

Malheureusement, le quotidien de la ville la plus cosmopolite de France… a oublié les vins étrangers.

Je me permets donc de compléter cette sélection avec quelques suggestions de mon cru, toujours parmi les vins les plus accessibles…

Guerrieri.jpg

Pour l’Italie, le Chiaretto de Guerrieri Rizzardi

gran-feudo-rosado-2017.jpg

Pour l’Espagne, le rosé de Navarre de Gran Feudo

ksara_sunset_Rose_2016.jpg

Pour le Liban, le Sunset de Château Ksara

0_0_orig.jpg

Pour la Tunisie, le Désir Rosé de Shadrapa

3175520410046_PHOTOSITE_20190603_135742_0.jpg

Pour le Maroc, un gris de Boulaouane

quinta-nova-reserve-rose-2017.jpg.png

Pour le Portugal, ce rosé du Douro de Quinta Nova (non, pas Mateus)…

fleur-d-aboukir-rose

Pour l’Algérie, la Fleur d’Aboukir des Grands Crus de L’Ouest Algérien

Vous pouvez compléter vous-mêmes, si vous avez eu l’occasion de déguster des vins de cette tendre couleur au cours de vos voyages à l’étranger, ou bien au restaurant.

Pour moi, c’est un peu de la déformation professionnelle. Primo, je suis juré au Concours Mondial du Rosé, à Cannes. Secundo, je suis pour la libre circulation des vins. Nous autres Français vendons assez de rosés par delà nos frontières pour avoir le droit (et l’envie) de goûter ceux de nos voisins, c’est-ce pas?

D’autant que la palette est large…

Hervé Lalau

 

 

 

Frantalia, ma contribution

A l’occasion des festivités réunissant les deux présidents français et italiens pour célébrer l’anniversaire de la mort de Léonard de Vinci, un comité de personnalités a publié une lettre ouverte appelant à un rapprochement des deux soeurs latines, sous le nom de Frantalia.

Frantalia_foglio_720x630

Comme j’adore l’Italie (je suis d’ailleurs en deuxième année de cours d’italien, et ce n’est pas une sinécure), et comme je n’ai aucune compétence pour juger du bien fondé des différentes accusations qui ont mené au refroidissement des relations entre Rome et Paris, j’ai envie d’ajouter une proposition personnelle plus en rapport avec ma spécialité.

Je demande solennellement que les pouvoirs publics des deux pays encouragent leurs distributeurs et restaurateurs respectifs à mettre en avant les vins de l’autre pays.

J’en ai marre de ne trouver en France que des Proseccos tout juste bons pour le Spritz et des Chiantis de pizzeria bas-de-gamme.

Et je suis sûr que mes alter ego italiens verraient d’un très bon oeil l’arrivée de plus de beaux vins français dans les établissements de la Botte.

Hervé Lalau

Les exportateurs de vins & spiritueux français s’inquiètent pour l’après Brexit

Dans la RVF et Terre de Vins, dans les mêmes termes, l’AFP évoque les craintes des exportateurs français face au Brexit et l’incertitude qu’il fait régner sur les relations commerciales avec le Royaume-Uni, gros client de la France.

https://www.larvf.com/le-brexit-alarme-les-exportateurs-de-vins-et-spiritueux-francais,4607438.asp

http://www.terredevins.com/actualites/brexit-les-exportateurs-de-vins-et-spiritueux-francais-salarment/

Notez que ça pourrait être pire: le premier ministre de Grande-Bretagne pourrait s’appeler Mme Buzyn.

Hervé Lalau