Un Champagne rosé pour Brad Pitt & Angelina Jolie

Un peu de glamour pour finir la semaine!

Il faut croire que le couple aujourd’hui séparé s’est pris de passion pour le vin avec Miraval – selon nos confrères du Wine Spectator, les deux acteurs auraient l’intention de se lancer dans le Champagne.

Les deux acteurs s’associeraient pour l’occasion à la Maison Pierre Peters, au Mesnil-sur-Oger; une maison dont les propriétaires connaissent bien la Famille Perrin, qui oeuvre pour Pitt & Jolie à Miraval.

Originalité: Brad & Angelina ne produiraient que du rosé. Aucune date n’a été avancée pour la sortie des premières bouteilles, et aucun nom n’a été cité.

On en saura peut-être plus lors du Festival de Cannes?

Hervé Lalau

Voyage en Première, avec Chassenay d’Arce

Pour sa Cuvée Première, Chassenay d’Arce a choisi de mettre en oeuvre le Pinot Noir et le Chardonnay.

Il s’agit de l’entrée de gamme de cette cave de la Côte-des-Bar; mais une entrée très joliment décorée, alors!
J’ai noté de la mirabelle, de la pomme verte, de la pêche et de la réglisse au  nez; l’attaque en bouche est très franche, les bulles fines mais régulières;  il y a du volume, un peu de miel, de camomille; de la vivacité, de la longueur aussi. En finale, une pointe d’amertume vient titiller le palais, se mêlant harmonieusement au fruit, comme pour boucler la boucle entamée au nez.
De quoi donner l’envie de visiter les autres pièces!
Chassenay.jpeg

Hervé Lalau

Accord UE-Chine: les IGP ne sont pas des AOP

Petit rappel utile, suite aux articles parus sur l’accord entre l’Union européenne et la Chine sur la protection des labels: il y a trois catégories d’indications de provenance en Europe; les Appellations d’Origine Protégées (liées à un terroir, leur cahier des charges exigeant que toutes les phases de l’élaboration du produit se passent dans l’aire d’appellation délimitée), les Indications Géographiques Protégées (liées à un savoir faire et à un territoire, sans que toutes les étapes du processus de fabrication ne doivent forcément avir lieu dans la zone délimitée) et les Spécialités Traditionnelles Garanties, qui protègent une méthode de fabrication.

par défaut 2019-11-07 à 09.22.47

Source: réseau d’information de l’UE

 

Le Champagne, le Bordeaux, le Comté, la Feta et le Porto (cités dans la dépêche ci-dessous) sont des AOP, pas des IGP.

par défaut 2019-11-07 à 09.06.59.jpg

Source: AFP

Hervé Lalau

Premières vendanges professionnelles en Ile de France, vraiment?

L’AFP nous explique que les « premières vendanges professionnelles » vont bientôt démarrer en Ile-de-France (en l’occurrence, dans les Yvelines) et qu’il s’agit d’une reconquête historique.

Reconquête, peut-être, mais quid des vignes de Saâcy-sur-Marne, Nanteuil-sur-Marne et Citry, en Seine-et-Marne? Elle font pourtant partie de l’aire de l’AOC Champagne, et leurs raisins entrent bel et bien dans la production – tout à fait professionnelle – de vins de cette appellation.

Hervé Lalau

Le prosecco et l’environnement: peut mieux faire

L’explosion des ventes du mousseux italien s’est traduite par une forte augmentation des plantations et par une pression accrue sur l’environnement (augmentation de l’emploi de pesticides, dégradation des sols, érosion des terres, baisse de la diversité de la faune et de la flore), comme le fait remarquer ma consoeur Céline Deluzarche, dans Futura Planète.

Des solutions pourraient être apportés à la plupart de ces problèmes, mais la rentabilité immédiate semble avoir été la préoccupation première. Attention à ne pas tuer la bulle… pardon, la poule aux oeufs d’or: la clientèle (plutôt jeune) des consommateurs de Prosecco est plutôt plus conscientisée que la moyenne en matière d’environnement.

Un « bad buzz » au sujet de leur fizz préféré pourrait les en détourner.

Notons cependant que d’autres régions de production d’effervescents sont concernées, au premier rang desquelles notre Champagne, en ce qui concerne l’usage d’engrais et de pesticides, notamment.

C’est à une prise de conscience collective et générale qu’il faut appeler dans ces régions, sous peine de voir certains consommateurs abandonner le produit.

Hervé Lalau

 

Le Champagne au prix du Prosecco…

A moins que ce ne soit l’inverse!

IMG_5434

Voila qui relativise en tout cas le discours de ceux qui affirment que le consommateur achète moins de Champagne, mais plus cher – comme on pouvait le lire il y a quelques jours sur le site d’Europe 1.

Notez que ma photo a été prise chez Carrefour, mais pas en France. En Belgique. Pays où le Prosecco et le Cava sont depuis plusieurs années de sérieux concurrents pour le Champagne.

Jusqu’à présent, cependant, le Champagne y était généralement vendu beaucoup plus cher que ses concurrents.

Attardons-nous un moment sur la marque du Champagne proposée ici: le Marquis de Marmontel. Noblesse de bulle, on s’en doute (un rapport avec Jean-François Marmontel, auteur français du 18ème, pourtant tout à fait roturier?). En tout cas, son élaborateur n’est autre que la maison Gruet, à Buxeuil (Côte des Bars).

Longtemps l’apanage du discounter Colruyt, notre Marquis semble avoir remplacé chez Carrefour la marque Louis Daumont dans la catégorie des premiers prix.

En parlant de prix, on notera que celui-ci a pas mal fluctué avec les années: 12 euros en 2005, 9,79 euros en 2009, 16 euros en 2012 (toujours chez Colruyt, à l’époque), et aujourd’hui, donc, 10,95. reste à voir s’il s’agissait toujours de la même cuvée, cependant.

Hervé Lalau

Champagne et terroir

«La Champagne redécouvre son terroir qu’elle avait oublié pendant 200 ans», titrait voici quelques jours mon excellent collègue québécois Guénaël Revel, alias Monsieur Bulles

Ayant eu la chance de participer à un colloque sur ce sujet il y a quelques années, j’aimerais apporter quelques arguments de mon… cru.
D’abord, il n’y a pas un terroir champenois, mais des terroirs champenois – au moins six (Vallée de la Marne, Montagne de Reims, Massif de Saint-Thierry, Côte des Blancs, Cézannais et Côte des Bars).
1200px-Vignobles_champagne.svg.png
Et encore ne s’agit-il là que d’un tableau brossé à gros traits. De macro-terroirs.
Chacun ont une topographie, des sols, des sous-sols, des expositions et même un microcosme humain particulier, avec des usages particuliers; et en ce sens, effectivement, on peut parler de terroirs en Champagne, comme on peut en parler ailleurs dans le vignoble.
Mais tout ceci est en grande partie gommé par le procédé d’élaboration du Champagne.
D’une part, les grandes maisons assemblent le plus souvent les vins issus de plusieurs de ces macro-terroirs – les Chardonnays d’Avize et les Pinots noirs des Riceys, par exemple . Difficile, dès lors, de les identifier dans le verre.
De l’autre, les différentes étapes de l’élaboration, prise de mousse, dosage, assemblage de plusieurs années, ajout de vins de réserve…) sont autant d’éléments qui modifient le profil du produit fini.
Certes, certaines maisons familiales et récoltants manipulants se focalisent sur tel ou tel terroir – une commune, voire une parcelle, et même, dans certains cas,  sur tel ou tel cépage; on peut donc trouver en Champagne quelques cuvées « de terroir »; mais leur production est assez marginale.
Pour les grandes maisons, qui sont les locomotives de la Champagne, et dont le consommateur trouve le plus facilement les produits, le référent est d’abord la marque, bien avant le lieu.
Ce système ne leur a pas si mal réussi, d’ailleurs.
Alors, même si le mot terroir fait saliver quelques marketteers, je suis d’avis qu’il ne faut pas trop changer les recettes qui marchent.
Le Champagne tient beaucoup plus du monde de l’alcool que celui du vin: des marques de Champagne, comme des marques de Cognac, d’Armagnac ou de whisky, le consommateur attend une qualité constante, un goût, celui que garantit une raison sociale. Et c’est tout le contraire d’un vin de terroir, fluctuant par définition, au gré des éléments qui le composent. Si l’effet millésime, notamment, est recherché dans les vins de terroir, il est plutôt redouté dans le monde des marques, sauf pour quelques cuvées millésimées, bien sûr, mais qui restent marginales.
Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit: je suis convaincu qu’il faut s’intéresser de plus près aux terroirs en Champagne; pas pour en faire un argument de vente, cependant; mais pour produire meilleur: mieux on connaîtra les facteurs de qualité à la vigne, notamment pour le choix de l’adaptation des cépages aux sols, pour la détermination de la maturité optimale, pour la limitation des traitements, aussi, et meilleure sera la matière première. Quelle que soit la complexité du procédé qui suit la récolte, cela ne peut avoir que des avantages.
La seule chose que je demande, en définitive, c’est qu’on ne fasse pas prendre au consommateurs des vessies pour des lanternes, des cailloux pour des bulles.

Hervé Lalau

Champagne et sardines

En bon marketing, on appelle ça « démocratiser le produit ». Ou encore, « multiplier les occasions de consommation ». En la matière, le syndicat des vignerons de Champagne et M&C Saatchi ont fait très fort!

Après des décennies de glorification de la fête et du statut social, voici que le Champagne descend (tombe?) de son piédestal.

CHAMPAGNE AFFICHAGE ABRIBUS

C’est à la limite du vulgaire. Mais le but est évidemment de choquer.

Il y a d’ailleurs d’autres visuels, tout aussi édifiants: Champagne et Camembert (AOP?), Champagne et artichaut, Champagne et oeuf dur. Des choix qui étonnent un peu, cependant, vu la cible choisie: les 25-45 ans. Où sont les hamburgers? Les pittas? les kebabs?

Quoi qu’il en soit, le tout devrait égayer nos abribus dès la rentrée.

En attendant, il ne reste plus qu’à démocratiser… les tarifs du Champagne.

Parce que pour le prix d’une bouteille de Champagne et d’une boîte de sardines ou d’un oeuf dur, si je choisis plutôt un Crémant, un Vouvray, un Saumur ou un Cava, je peux certainement ajouter quelques amuse-gueule. Des rillons. Un bon morceau de fromage. Peut-être même un petit toast au foie gras.

Hervé Lalau

L’harmonieux Quattuor de Drappier

Quand on parle de « blanc de blancs », en Champagne, il s’agit le plus souvent de Chardonnay – le seul cépage blanc de la trilogie des cépages principaux de la Champagne, à savoir Pinot noir, Meunier et Chardonnay.

Mais si nous suivez ce site, vous n’êtes pas sans savoir qu’il y a d’autres cépages autorisés dans le décret d’appellation; c’est justement trois d’entre eux que la maison Drappier a choisi d’associer au Chardonnay pour donner naissance à cette cuvée Quattuor:  l’Arbanne, le Blanc Vrai et le Petit Meslier. Tous les quatre étant assemblés en parts égales.

IMG_3289

Pour dire le vrai, je n’ai aucune idée de ce que valent vraiment ces cépages, n’ayant guère eu l’occasion de les déguster seuls – sauf une fois, l’Arbanne de Moutard-Diligent, mais il y a prescription. Je n’ai pas retrouvé mes notes.

J’ai cependant un intérêt particulier pour le Petit-Meslier, sachant qu’il s’agit d’un proche parent du Chenin (un cépage que j’affectionne, aussi bien avec que sans bulles), puisqu’il a pour ascendants le Savagnin et le Gouais. L’ampélographe José Vouillamoz affirme par ailleurs que le Petit Meslier est un des parents directs de l’Amigne.

Pour en terminer avec l’ampélographie, qui, pour passionnante qu’elle soit, n’étanche pas la soif (si ce n’est la soif de connaissances), observons que tous ces «petits cépages» sont surtout présents dans la partie auboise de l’aire champenoise.

Quoi qu’il en soit, la vérité est dans le verre, et faute de reconnaître ses constituants, j’ai au moins perçu un très bel équilibre, une harmonie, pour parler en termes musicaux ; les quelques notes de fruits exotiques, de pomme et de coing m’ont emmené du côté du Chenin, mais sans doute était-ce là de l’autosuggestion. Il y avait aussi de jolies nuances florales, très printanières. Surtout, la bouche était complexe, charnue mais pas lourde ; la finale saline et fruitée (avec le retour de la pomme et du coing) était très longue.

Et vous savez ce que j’ai fait une fois la dégustation terminée? Je me suis resservi un verre!

Brut dosé à 4,2 grammes.

Pour mémoire, Drappier est membre du Club Vignobles & Signatures, qui regroupe des domaines familiaux de qualité.

Hervé Lalau

Nicolas Feuillate Brut rosé ou la vérité, rien que la vérité

Les textes de certaines contre-étiquettes de vin sont juste du remplissage; on n’y apprend rien. D’autres vous dorent la pilule. Tout y est plus beau que nature.

Et puis, de temps en temps, il y en a qui tapent juste. Comme celle-ci:
«La réserve exclusive Rosé est un champagne éclatant de fruits, délicat et raffiné, qui développe une trame élégante, juteuse et complexe. C’est un panier de fruits croquants mêlant groseille, myrtille et framboise, un déferlement de fruits d’été et de saveurs ».
IMG_3303
Je confirme. Bon, pour justifier ma noble (?) profession de critique et ma réputation de coupeur de cheveux en quatre, je discuterais bien le mot « complexe ». Car ce Champagne est tellement exubérant que je le qualifierais plutôt de « franc » que de «complexe».
Mais sinon, c’est tout à fait ça.
Alors bravo au rédacteur des notes, car sa prose apporte réellement quelque chose; et surtout, bravo au vinificateur, qui signe là à la fois un vrai rosé fruité et un vrai champagne vineux. Prix de vente recommandé: 32 euros.
IMG_3302.jpg
Nicolas Feuillatte (et chez tous les bons marchands de fruits).