Deux Colheitas d’exception sur le marché belge

A l’occasion du festival Spirits in the Sky, qui se tient à Bruxelles du 10 au 11 novembre sous les auspices de The Nectar, le public belge pourra découvrir en avant-première deux pépites de la collection Graham’s, dans la catégorie colheita: le Single Harvest Tawny 1994 et le Single Harvest Tawny 1963, qui vont très bientôt arriver sur le marché. Ces deux vins sont issus de cinq domaines emblématiques du Douro: Quinta dos Malvedos, Quinta do Tua, Quinta das Lages, Quinta da Velha et Quinta do Vale de Malhadas.

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Plus d’info: info@thenectar.be

Hervé Lalau

Vinetiq: un caviste belge spécialiste des climats frais, mais chaleureusement recommandé!

Un petit coup de pouce, aujourd’hui, pour Vinetiq, un jeune marchand de vin établi à Puurs, entre Bruxelles et Anvers, qui pratique une approche à la fois sérieuse et décontractée du vin, avec un focus original: les vins des climats frais.

Ce choix n’empêche pas l’équipe autour de Pieter Raeymaekers de proposer une offre d’un bel éclectisme, depuis la Champagne, la Loire et la Bourgogne à l’Orégon, au Canada, et à l’Autriche, en passant par Australie, l’Allemagne ou l’Italie.

De leur sélection, j’ai ainsi pu  apprécier le fringant Etna Rosso de Tornatore (l’altitude compensant la latitude) et le cinglant Rheingau Riesling de Kaufmann.

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Mais pour faire connaître de tels produits, le mieux, c’est encore de pouvoir les faire déguster aux clients, et notamment aux sommeliers; c’est le but des portes ouvertes du 12 novembre prochain. Je vous les recommande… chaleureusement.

Inscriptions: 0472 85 92 01

Hervé Lalau

Les IGP et AOP des vins belges

Drôle de carte que celle des IGP et AOP de vins de Belgique éditée par Wines of Belgium.

C’est bien simple, mis à part Bruxelles, tout le pays est couvert. Pas de vignes, non – pas encore. Mais d’IGP.

Au nord, en jaune, la BGA Vlaamse Landwijn (IGP Vin de Pays flamand). Au Sud, l’IGP Vin de Wallonie. Soit à peu près, pour chacune des deux mentions, la taille de deux départements français.

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Il est à noter, en outre, que les deux aires régionales d’IGP se transforment en AOP dès que les vins sont dotés de bulles.

Si l’on suit cette carte, on peut donc théoriquement produire du Crémant de Wallonie… partout en Wallonie.

Même si le nombre de producteurs de méthodes traditionnelles est actuellement très limité (3, 4 ou 6, c’est un peu nébuleux), on ne peut pas exclure qu’un jour, de gros investisseurs belges ou étrangers s’engouffrent dans cette brèche.

Ne faudra-t-il pas alors se montrer un peu plus précis dans la définition des terroirs ? Ou bien se dirige-t-on vers des vins d’assemblage ?

Qu’en conclure? Que les appellations de vin sont encore bien jeunes, au pays de la bière. Et qu’un peu plus de rigueur renforcerait la crédibilité de leurs productions, dont certaines, notamment parmi les mousseux, méritent d’être mieux connues.

Hervé Lalau

Coupe du Monde de Football: l’exception française

Pour la Coupe du Monde de Football 2018, certains fabricants de boissons ont signé des accords de partenariat avec leurs équipes nationales.

Ainsi, Paternino sera le vin officiel de la Roja, l’équipe d’Espagne.

La bière Jupiler, elle, soutient les Diables Rouges de Belgique – elle s’est d’ailleurs rebaptisée Belgium pour l’occasion. Car que serait un match à la télé sans une caisse de bière pour étancher la soif des sportifs du canapé?

Et l’équipe de France? Loi Evin oblige, au pays du vin, pas de boissons alcoolisées pour les équipes sportives.

Hervé Lalau

Le Beaujolais progresse à l’export

L’exportation représente aujourd’hui 40% des ventes des vins du Beaujolais. Elle se porte plutôt bien: en 2017, tous pays confondus, elle a progressé de 5,7% en volume et de 7,8% en valeur (données Business France).

Si l’Europe représente 35% des ventes à l’export en volume et 29% en valeur, le reste du monde totalise 65% des volumes exportés en volume et 71% en valeur. Conclusion logique: les vins vendus hors Europe le sont à des tarifs plus élevés.

Les 5 plus gros débouchés des vins de la région sont les Etats-Unis, le Japon, le Royaume-Uni, le Canada, la Chine (avec Hong-Kong) et la Belgique.

Dans la plupart de ces pays, cette embellie est principalement à mettre au crédit des dix crus du Beaujolais.

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En Belgique, par exemple, les ventes de vins du Beaujolais progressent de 2,4% en volume malgré une baisse de 14% sur les Beaujolais Villages compensée par la forte progression des crus (40% des ventes sur ce marché) : + 36% en volume et +32% en valeur.

Pour Interbeaujolais, ces bons résultats récompensent « la stratégie forte et ciblée » menée par l’interprofession pour développer les ventes (relations presse, lobbying, formations, communication numérique…). 

Bar sauvage

Vous le savez, j’ai toujours milité pour une consommation modérée.

Aussi, j’accueille très favorablement la décision de Carrefour Belgique d’interdire le bar sauvage pendant la période de reproduction. 

D’autant plus que je sais que l’abus d’alcool aboutit parfois à des grossesses non souhaitées. 

Mais moi qui visite souvent des magasins Carrefour, j’avoue que je n’ai jamais vu de bar sauvage – est-ce que cela veut dire que les clients organisent des orgies dans les rayons, ouvrant les bouteilles et les consommant sans retenue?

Il faut croire que je ne passe pas aux bonnes heures.

Quoi qu’il en soit, bravo Carrefour!

Château Franc-Mayne change à nouveau de mains

Au Château Franc-Mayne, à Saint Emilion, c’est un peu comme chez Picasso, il y a plusieurs périodes.

Il y a eu la période du négociant Theillasoubre (jusqu’en 1984), la période AXA (jusqu’en 1996), puis la période Fourcroy (de 1996 à 2005, c’est à ce moment là que j’ai connu la propriété). Puis la période Laviale-Van Malderen, qui vient de s’achever avec le rachat du domaine par un homme d’affaires parisien, Jean-Pierre Savare.

A chaque rachat, bien sûr, pour les commentateurs que nous sommes, « on allait voir ce que l’on allait voir ».

Certains des propriétaires ont investi dans la technologie au chai, d’autres dans l’oenotourisme, d’autres n’ont quasiment rien fait. A présent, il semble que la nouvelle équipe, menée par Mme Cazeneuve, veuille restructurer le vignoble.

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Franc-Mayne (Photo (c) H. Lalau)

Car oui, même un Grand Cru Classé de Saint Emilion peut avoir besoin de restructurer son vignoble. 

J’ai l’air de persifler, bien sûr, et pourtant, je ne souhaite que du bien à Franc-Mayne.

C’est juste que j’ai du mal à concevoir qu’un domaine soit Grand Cru une fois pour toutes, alors qu’il peut changer régulièrement de propriétaires, de gestion, d’orientations commerciales, de techniques de culture ou de vinification…

L’hyper est mort – vraiment?

« L’hyper est mort ». Je n’ai pas reçu de faire-part, mais c’est ce que nous annoncent doctement les grands experts de la distribution – notamment les spécialistes repris en boucle par des medias généralistes qui ne s’intéressent habituellement à la GD que quand elle matraque le prix du lait ou du champagne, ou quand des piquets de grève bloquent un magasin.

« Les gens veulent de la proximité, du contact humain, ne pas perdre de temps », nous disent ces sommités de l’analyse consommateur. « Le format de l’hyper, le tout sous un même toit a fait son temps, d’autant que pour sa partie « non food », il est concurrencé par les spécialistes du discount non-alimentaire ».

En appui de leur thèse, ils nous apportent des « preuves »: les multiples plans de restructuration de Carrefour, en France comme en Belgique (le dernier date de cette semaine); la fermeture de certains magasins. L’érosion de la part des ventes des enseignes exploitant des hypers par rapport au hard discount, notamment. Ou encore, par rapport aux ventes sur internet, aux drives, etc…

J’ai quelques contre-exemples, pourtant.

D’abord, le « dégraissage » ne touche pas que les enseignes d’hypers; ainsi, en Belgique, Delhaize, qui a toujours refusé d’exploiter des hypermarchés, au point d’en revendre à Cora, dans les années 70, a également eu recours à des plans sociaux. Avant de fusionner avec les Néerlandais d’Albert Heijn.

De plus, au sein même des grandes enseignes qui exploitent des hypers (Carrefour, Cora, Auchan, mais aussi Leclerc, en France), il y en a qui fonctionnent mieux que d’autres.

Il faut aussi distinguer entre deux formats d’hypers: ceux qui sont de grands supermarchés (en dessous de 5000 m2, grosso modo), et ceux qui sont de vrais hypers, avec une offre complète, autant dans l’alimentaire que dans le non alimentaire, y compris le textile, le bazar, la hi-fi, l’électro…

Notons à ce propos qu’en moyenne, les hypers belges sont plus petits que leurs homologues français; on compte en France 16 hypers de plus de 15.000 m2, dont le plus grand, le Carrefour de Vitrolles, près de Marseille, dépasse les 20.000. A titre de comparaison, le Carrefour des Grands Prés, près de Mons, ne fait que 10000 m2. Ce qui le classerait aux alentours de la 44ème position, en France.

Le n°3 et le n°4 du classement français, tous deux sous l’enseigne Auchan, se situent à  Englos et à Roncq, dans le Nord. Ils drainent d’ailleurs une très forte clientèle belge, ce qui tend à prouver que tous les consommateurs ne se détournent pas du concept.

Mais la taille n’est pas tout, la performance dépend beaucoup de la zone de chalandise: ainsi, avec « seulement » 9900 m2, le Leclerc de Bois d’Arcy (un indépendant, donc) a un chiffre d’affaires supérieur de 10% à celui du Carrefour de Vitrolles (un intégré).

Mais surtout, je pense qu’il faudrait être beaucoup plus précis dans l’analyse des problèmes compétitifs des enseignes entre elles, tant en France qu’en Belgique. On compare des pommes et des poires; ainsi, les hypers Leclerc sont des indépendants franchisés, alors que les Auchan et la plupart des hypers Carrefour, tant en France qu’en Belgique, sont des magasins intégrés, gérés par le groupe; Cela fait une grosse différence en termes de coûts salariaux.

En Belgique – et ce n’est pas un jugement de valeur, c’est juste un constat, Carrefour a hérité de la situation très compliquée au sein de GB-Inno-BM, dont le personnel était soumis à diverses conventions collectives; ses coûts de personnel, tant en magasin qu’à la centrale, sont généralement plus élevés que ceux de la concurrence.

Il faudrait donc comparer format par format et type d’exploitation par type d’exploitation pour voir si c’est l’hypermarché qui « performe » mal, ou si c’est sa centrale;  si ce sont les coûts d’exploitation qui le grèvent (à partir du moment où il est exploité en propre) qui le défavorisent. S’interroger sur la motivation des équipes, aussi.

Je constate aussi que parmi les magasins Carrefour qui fermeront, il y a surtout de petits hypermarchés, pas ceux qui répondent le mieux à la définition du « tout sous un même toit à la française »; et ou des magasins, comme celui de Belle-Ile, à Liège, pour qui se posent des problèmes particuliers (la concurrence des grands cost-killers textiles implantés dans la galerie, notamment; dans une galerie de ce type, un supermarché se concentrant sur l’alimentaire aurait sans doute plus de sens).

Bref, je ne sais pas ce qui est mort ou pas mort; ici, à Waterloo, j’ai vu un Drive s’ouvrir, puis se fermer l’année dernière. Même pas eu le temps de le visiter. Et on me dit pourtant que c’est le format pratique qui monte. Peut-être pas ici?

Je ne sais donc pas que « les gens » veulent ou pas; d’abord, qui sont les gens?

Quelle logique il y a-t-il entre la demande de contact humain, et l’automatisation des caisses (le self-scanning) dans les magasins, par exemple? Et comment expliquer que des gens qui veulent de la proximité et du gain de temps soient prêts à faire 100 km pour visiter un centre de magasin d’usine. Peut-être qu’il y a plusieurs sortes de gens. Peut-être qu’ils n’agissent pas tout le temps avec la même logique. Peut-être qu’il y a encore une vie après la vie pour un hyper qui pourrait concilier tout ça, et pour des enseignes qui n’abaisseraient plus leur coûts uniquement en jouant sur leurs prix d’achats, mais sur l’accroissement de la motivation et donc de l’efficacité de leur personnel?

Mais je ne suis pas un « expert », moi. Cela fait longtemps qui je ne m’occupe plus de GD, mais de vin. Et je préfère.

Hervé

 

Homard m’a tué

Je profite de cet espace de liberté pour signaler à tous les homards, et particulièrement aux homards en partance pour la Suisse qu’à compter du 1er mars, il sera interdit de les plonger vivants dans l’eau bouillante pour les préparer en cuisine.

Il faudra au préalable les étourdir au moyen de courant électrique.

En Belgique, l’association Gaia (celle-là même qui propose son faux gras végétarien pour remplacer notre bon foie gras) se félicite de cette avancée importante pour le bien être des crustacés, en espérant qu’elle fasse école en Europe. 

Et moi, j’en suis tout étourdi. Ou s’arrêtera la sensiblerie des activistes animaliers? Devra-t-on un jour arrêter de respirer pour ne pas faire de mal aux pauvres acariens?

Peut-on fixer en France et en Europe un seuil de revente à perte?

Je lis que le gouvernement français entend fixer un seuil de revente à perte pour les agriculteurs; concrètement, il s’agirait d’interdire de revendre un produit agricole à moins de 110% de son prix d’achat.

Je me demande si ce projet ne va pas à l’encontre de la directive européenne 205/29/CE, qui a fait abandonner à la Belgique une loi nationale qui interdisait la vente à perte.

Un juriste pourrait-il m’éclairer sur ce point?